Vocation au célibat ou au couple

Comment savoir si on est appelé à une vie de couple ou une vie de célibataire ? Il y a-t-il réellement des personnes qui sont appelés à être célibataire toute leur vie ?

Que des personnes soient appelées toute leur vie à être célibataires, c’est une certitude, puisque c’est le cas de toutes les personnes consacrées qui persistent dans leur vocation, à la suite du Christ pauvre, chaste et obéissant. Il le dit lui-même en Mt 19, 12 : « Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère; il y en a qui le sont devenus par les hommes; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne. »

Cela n’empêche pas que seul un tout petit nombre de chrétiens est concerné et que la situation normale du chrétien est de se marier. Si la personne ne se sent pas appelée au mariage, elle doit donc s’interroger sur la réalité, ou non, d’un appel au célibat pour le Royaume. Pour cela, le discernement doit être fait avec finesse et vérifié dans le temps, avec les personnes dans l’Eglise mandatées pour le faire. Cf. notre article « Appel à la vocation » https://www.reponses-catholiques.fr/appel-a-la-vocation/.

La question ne spécifie pas clairement si l’appel à être célibataire concerne un célibat consacré ou non. Lorsque le Seigneur dit « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Gn 2, 8), cela semble exclure l’idée d’un célibat non consacré. Un célibataire consacré vit en communauté, ou une vie fraternelle dans un institut séculier ou un mouvement d’Eglise. Au minimum, il est rattaché à son évêque dans un Ordre (presbytéral, diaconal, des vierges ou veuves consacrées).

La personne qui ne se marie pas doit donc sérieusement s’interroger. Ne trouve-t-elle réellement pas à se marier ? Ou refuse-t-elle un engagement dans la vie consacrée ? Elle doit donc mettre en œuvre les moyens de discernement, puis les actions nécessaires. Outre la prière, à quelles activités permettant de rencontrer un conjoint potentiel se consacre-t-elle ? Fait-elle des pèlerinages de célibataires, va-t-elle sur des sites de rencontre chrétiens ? Fréquente-t-elle, selon son âge, les groupes où il est connu que des couples se forment ? Activités de jeunes professionnels, chorales, mouvements tels que MCC, CVX etc. Fait elle le travail de guérison intérieure ou grâce aux sciences humaines qui peuvent l’aider à avancer ?

Evidemment, de très nombreux célibataires souffrent de cet état mais ne veulent pas d’engagement consacré non plus. Nous n’avons pas la réponse face à toutes les situations mais il est douteux que ce soit une réelle vocation. Cela peut néanmoins arriver, quand ce célibat trouve sa propre fécondité au service de l’Evangile ou d’un engagement humain : politique, caritatif, éducatif etc C’est le cas, par exemple de personnes engagées à l’Arche, ou encore de certains qui ont marqué l’Eglise par le don de leur vie au service des plus fragiles. Pensons à Madeleine Delbrêl, qui n’a pas trouvé le mode de vie consacrée auquel elle aspirait (les vierges consacrées et laïques consacrées vivant seules étaient rares jusqu’aux années 70). Cela ne l’a pas empêchée de vivre une vocation de célibataire d’une profonde fécondité, quoiqu’elle ait été vécue en communauté.

Rappelons enfin que le célibat chrétien est un véritable combat spirituel pour demeurer chaste et engagé dans une vie chrétienne authentique, face aux tentations, au repli sur soi et au laisser-aller mondains. Comme disait le Père Delatour, jésuite : « un célibat chrétien, même subi, est un poteau indicateur vers le Ciel ».

Vocation au célibat ou au couple
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