Violence dans la Bible et sens des Ecritures

Bonjour, je suis totalement inconnu du site et je viens d’en croiser le lien en me baladant sur internet, je suis athée mais j’étudie énormément les religions du monde étant affamé de sociologie notamment, j’en profite donc après moult lecture de la bible de vous demandez la signification précise et honnête de certains passages qui m’ont interpelé. Je vous en remercie d’avance** Seulement quelques passage, voulant éviter de vous faire perdre votre temps, je tiens également a dire après avoir étudié en faculté les discours des précédents pacques ou représentant des haute autorité chrétienne de France, que mon statut d’athée ne m’empêche nullement d’être bon envers mon prochain, étant infirmier de formation, j’ai déjà pu sauver des vies, et faire des intervention humanitaire dans certains pays qui cohabites avec la mort quotidiennement, et donc d’essayer d’éveiller les esprits a une ouverture qui prône la diversité d’opinion et non la pensée unique qui ralentis la progression des civilisations. Tout mon respect, Julien ( ci dessous les passages ). “Eh bien, maintenant, tuez tous les garçons et tuez toutes les femmes qui ont connu un homme dans l’étreinte conjugale. Mais toutes les fillettes qui n’ont pas connu l’étreinte conjugale, gardez-les en vie pour vous.” (Nombres). “Mais dans les villes de ces peuples dont l’Éternel, ton Dieu, te donne le pays pour héritage, tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire. Car tu dévoueras ces peuples par interdit, les Héthiens, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens, et les Jébusiens, comme l’Éternel, ton Dieu, te l’a ordonné, afin qu’ils ne vous apprennent pas à imiter toutes les abominations qu’ils font pour leurs dieux, et que vous ne péchiez point contre l’Éternel, votre Dieu.” (Deutéronome ). Nul de tes descendants, à quelque génération que ce soit, ne s’approchera pour offrir l’aliment de son Dieu s’il a une infirmité. Car aucun homme ne doit s’approcher s’il a une infirmité, que ce soit un aveugle ou un boîteux, un homme défiguré ou déformé, un homme dont le pied ou le bras soit fracturé, un bossu, un rachitique, un homme atteint d’ophtalmie, de dartre ou de plaies purulentes, ou un eunuque. (Lévitique 21).

Déjà dans la tradition juive, et la théologie chrétienne l’a repris dès l’Antiquité, il y avait plusieurs niveaux de lecture de l’Ecriture. Ces niveaux varient entre le judaïsme et selon les auteurs mais, depuis St Thomas d’Aquin, on en retient habituellement quatre :

– Le sens littéral

– Le sens allégorique

-Le sens éthique

– Le sens anagogique, qui vise la finalité du texte, les fins dernières, et a donc souvent un sens mystique plus marqué.

La formule latine suivante résume ces quatre niveaux de lecture : Littera gesta docet, quid credas allegoria, moralis quid agas, quo tendas anagogia  (« la lettre enseigne les faits, l’allégorie ce que tu dois croire, la morale ce que tu dois faire, l’anagogie ce que tu dois viser »).

Notons que, pour les catholiques, la Commission biblique pontificale a publié que toutes les lectures sont possibles tant que la lecture littérale est complétée par un autre niveau (http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/pcb_documents/rc_con_cfaith_doc_20140222_ispirazione-verita-sacra-scrittura_fr.pdf). En clair, une lecture uniquement littéraliste, « au pied de la lettre » n’est pas possible pour un catholique.

Ces versets qui ont un contenu très violent peuvent donc se lire avec ces quatre niveaux mais il convient de ne pas se tromper.

1° Bien sûr, le niveau littéral existe, le lecteur dira que c’est un niveau « sociologique », ou historique. Les massacres contre les peuples en question correspondent certainement à des guerres – on dirait de nos jours tribales – que les Hébreux de l’époque ont menées, étant parfois les victimes, parfois les agresseurs. Dans ces temps lointains – on parle d’avant 1000 av. J.-C.-  il est clair que les mœurs n’étaient pas plus policées pour les Hébreux que pour les peuplades d’alentour. Cela se retrouve de nos jours dans certaines coutumes bédouines ou rezzou de peuples du désert.

La pointe est ailleurs : Dieu a donné la terre aux Hébreux et les aide à en prendre possession, même dans la guerre.

La Loi religieuse donnée au Sinaï, la Torah, stipule, en effet des règles de pureté et d’intégrité du corps qui excluent tout  handicap. C’est donc vrai pour les prêtres, mais aussi les victimes des sacrifices (« agneaux sans défaut »). Pour le dire trivialement, on ne refile pas à Dieu un estropié qui ne peut rien faire d’autre. La virginité des filles est dans la même idée : elle est un signe de pureté et de garantie d’intégrité ethnique car les enfants qu’elles auront seront avec certitude issus d’un père hébreu. Notons d’ailleurs que s’ils enlevaient les femmes non vierges, ils seraient potentiellement adultères, ce qui est un péché très grave.

2° Aussi choquantes que soient ces coutumes pour une personne du XXIe siècle, il faut bien prendre en compte qu’elles existent. Mais la Bible implique nécessairement une lecture allégorique et anagogique. Le risque permanent des Hébreux, c’est le mélange avec les autres peuples et la perte de leur identité, qui passe par la perte de leur foi en la mélangeant avec les croyances des peuples locaux. D’où les règles de séparation, interdits alimentaires etc, qui sont si forts dans le judaïsme.

Dans les faits, les Hébreux « de souche » étaient certainement très peu nombreux et la majorité du peuple était certainement d’origine cananéenne. Protéger l’identité et la culture hébraïque supposait donc de rejeter au sein du peuple, ces anciennes influences. Plusieurs théologiens estiment que la litanie des peuples cités correspond en fait à des « cananéens intérieurs » présents dans chaque personne. Chacun est toujours tenté de revenir aux superstitions que la liste de peuples symbolise. Chacun est prêt aux compromissions avec sa conscience qui n’est plus alors « vierge » du péché. De cette prise de conscience spirituelle découle le sens allégorique : ces peuples sont les péchés d’idolâtrie en soi et aller vers ce qui est vierge en soi, c’est retrouver sa propre pureté intérieure.

3° Il en découle un comportement éthique : on donne le meilleur à Dieu en lui donnant ce qui est intègre corporellement et spirituellement, on ne se compromet pas avec le péché, on va vers ce qui rend chaste.

4° Jusqu’à présent, nous n’avons parlé que de l’Ancien Testament. En christianisme, il se produit exactement l’inverse que dans l’islam. Dans le Coran, les versets plus récents abrogent les précédents. Les versets plus belliqueux dits « de Médine » abrogent donc les plus tolérants « de La Mecque ». Rien de tel dans les Evangiles. Au contraire, Jésus n’abroge pas la Loi de l’Ancien Testament, Il est venu « pour l’accomplir » (Mt 5, 17). C’est-à-dire qu’Il reprend à son compte les versets problématiques mais en en donnant une application qui ne peut qu’être pacifique, charitable et inclusive. Avec les Béatitudes (Mt 5), la violence n’est plus possible. L’épisode de la femme adultère ne permet pas la moindre violence contre une femme qui a été avec un autre (Jn 8, 1-11). Toutes les guérisons d’infirmes que le Christ réalise abolissent toute discrimination à l’égard des personnes handicapées. C’est bien pour cela que les chrétiens sont si engagés auprès des personnes handicapées – pensons à l’Arche, à Foi et Lumière etc – et les défendent contre les discriminations, y compris en militant contre leur avortement.

Cela n’empêche pas le combat spirituel contre le péché, notre Cananéen intérieur, ni le refus de l’adultère et des relations extra-conjugales, ni la valorisation de la virginité et de la chasteté comme voies de sainteté pour ceux qui se consacrent totalement au Seigneur.

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