Vierges consacrées et instituts séculiers

obeissance

Dans un article précédent, vous évoquez le refus de Pie XII de consacrer des femmes seules comme vierges consacrées. Cependant il a donné un statut canonique aux Instituts Séculiers. Les membres de ces instituts ne vivent pas en communauté mais sont tout de même consacrés. Au cours des siècles des femmes consacrées sous la dénomination de Benoîtes, Béates tertiaires d’un Ordre religieux et autres n’ont-elles pas toujours pu prononcer des voeux privés et vivre en consacrées dans le monde ?

Il convient de clarifier certaines confusions à propos de différents états de vie et formes de vocations dans l’Eglise, ces derniers étant devenus très variés au XXe siècle. Les membres des instituts séculiers, béates, benoîtes, béguines, tertiaires, consacrés de communautés nouvelles, numéraires de l’Opus Dei et autres types de laïcs consacrés – hommes et femmes – sont des laïcs. Ils sont d’ailleurs parfois mariés, comme certains tertiaires, ou veufs, comme souvent les béguines, alors que les vierges n’ont jamais été mariées. De très grandes saintes comme Ste Catherine de Sienne, Tertiaire, étaient veuves. En outre, ils font des vœux privés, souvent renouvelables au moins une fois auprès d’une communauté, tiers-ordre, institut séculier. Quant à dire qu’ils ne vivent pas en communauté, c’est totalement inexact dans bien des cas, en particulier dans le Renouveau charismatique, chez les Regnum Christi, les numéraires de l’Opus Dei etc.

Les vierges consacrées ne sont pas des laïques mais des consacrées séculières, membres d’un Ordre, l’Ordo virginum. Elles sont donc plus proches des religieux de ce point de vue. Ce sont toujours des femmes, un homme ne pouvant pas être « vierge consacré ». En outre, contrairement aux laïcs consacrés cités dans la question, elles ne font pas de vœux privés, mais reçoivent une consécration de l’évêque, qui est un sacramental, donc définitive. En outre, cette consécration est publique. Même si leur consécration n’est bien sûr pas une ordination, leur vocation se rapproche sur plusieurs points de celle du diaconat. Car, comme les diacres, les vierges doivent obéissance à l’évêque et non à une communauté, mouvement ou tiers-ordre. Les deux vocations, l’une masculine et l’autre féminine, sont d’ailleurs nées à la même période et ont précédé toutes les autres formes de vie consacrée.

 

Vierges consacrées et instituts séculiers
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