Veillée d’un corps (ou pas)

La tradition nous indique que l’on doit laisser le corps du défunt au repos pendant trois jours avant l’inhumation. Cela est-il compatible avec la manipulation du corps vers le funérarium sitôt après le décès, et surtout les soins retardant les signes de décomposition et le remplacement du sang par du formol ?

Effectivement, cette tradition de veiller le défunt trois jours et trois nuit existe et a été longtemps pratiquée, même si elle est rare aujourd’hui. Ce n’est pas une obligation. Toutes sortes de raisons peuvent amener :

–        A inhumer le défunt plus tôt, cela depuis des siècles si ce n’est des millénaires : maladie contagieuse (décès au cours d’une épidémie, par exemple), mort au combat, en mer, disponibilité des personnes (y compris d’un éventuel célébrant s’il y a une eucharistie) ou des lieux pour les funérailles etc

–        A l’enterrer plus tard. Par exemple, s’il y a une autopsie, les services judiciaires le conserveront plusieurs jours, parfois jusqu’à une semaine ou plus.

Il convient donc à chaque famille de faire au mieux. La veillée du défunt garde naturellement tout son sens spirituel, par exemple une nuit, et reste dans certaines traditions (en particulier antillaise…). Elle est donc à recommander et peut se faire au domicile, voire au funérarium. Si elle n’est pas possible, elle peut être remplacée par une cérémonie à la levée du corps au funérarium.

Il est fondamental qu’une cérémonie à l’Eglise, bénédiction ou, mieux, eucharistie (ce qui est de plus en plus difficile, les rares prêtres effectuant peu de funérailles, celles-ci étant réalisées par des diacres ou des laïcs de la pastorale des funérailles) ait lieu, ainsi qu’une à la mise en terre.

Notre foi catholique nous invite à enterrer nos morts, même si la crémation n’est plus interdite par l’Eglise. Dans les deux cas, il est indispensable qu’un lieu matérialise notre espérance en la Résurrection et notre foi dans la Communion des saints : tombe avec une croix, au minimum urne dans un colombarium, avec une plaque portant le nom du défunt et une croix. En aucun cas il ne convient de disperser les cendres. Cela n’aide ni à renforcer la foi en la Résurrection, ni au travail de deuil.

Le lecteur voulant davantage d’informations peut s’adresser au Service catholique des funérailles :http://s-c-f.org/organiser-ses-obseques/le-rituel-funeraire/le-parcours-des-funerailles.

Veillée d’un corps (ou pas)
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