Unité des chrétiens

Peut-on croire encore en l’unité des chrétiens?

Au XXe siècle, et surtout après la Deuxième guerre mondiale, de nombreux chrétiens se sont engagés avec enthousiasme dans le dialogue œcuménique, avec l’espoir d’arriver un jour à l’unité des chrétiens et la pleine communion eucharistique. Plusieurs décennies après, nombreux acteurs engagés dans le dialogue œcuménique sont déçus et estiment qu’il piétine. A cela, plusieurs raisons :

– Ce qui était rapprochable l’a été, on arrive maintenant « dans le dur » des raisons des séparations, plus difficiles à concilier

–  Les églises et confessions chrétiennes sont elles-mêmes divisées : schisme lefebvriste toujours pas résolu pour les catholiques, conflits d’influence entre les patriarches de Moscou et Constantinople pour les orthodoxes (qui surplombent bien d’autres conflits), éclatement et atomisation des églises protestantes évangéliques, graves désaccords dans la Communion anglicane etc

–  Des crises internationales comme en Ukraine.

L’unité des chrétiens n’es cependant pas une option, c’est une prière de Jésus à la Sainte Cène (Jn 17, 11). Il faut donc poursuivre le travail œcuménique. Des progrès sont possibles, comme la Déclaration d’Augsbourg de 1999 sur la Justification par la foi, qui permet au Chemin Neuf de dire que « la protestation est terminée », puisque le principal désaccord entre catholiques et luthériens est résolu. Des textes sur la compréhension mutuelle de la Présence eucharistique ont aussi été signés entre l’Eglise catholique et certains églises luthériennes.

Au milieu de certaines stagnations, l’année 2016 a cependant été forte de succès symboliques forts : le synode panorthodoxe, le premier depuis cinq siècles, la rencontre entre le Pape et le Patriarche de Moscou, attendue depuis des décennies, la présence du Pape aux commémorations des 500 ans de la Réforme. Cela a fait dire au Pasteur Chavel que les Protestants n’ont ainsi pas pu « fêter une division » mais plutôt voir cet anniversaire sous l’angle du dialogue avec les catholiques.

Enfin, le Pape François évoque volontiers « l’œcuménisme de sang » vis-à-vis de nos frères persécutés. Les persécuteurs ne s’embarrassent pas de savoir si les victimes sont catholiques, évangéliques, chaldéennes ou syriaques ou autres. L’unité des chrétiens devient alors une question de survie.

Notez cet article