Une marraine protestante athée?

J’ai une question concernant notre enfant à naître : nous hésitons sur le choix de la marraine, notamment avec une “protestante” désormais athée. Nous ne voulons pas qu’elle fasse de “faux” lors du baptême, c’est à dire qu’elle réponde “oui je crois” à la question “Croyez-vous en Dieu le Père ?” etc. Du coup, votre réponse sera décisive pour nous !! La marraine doit-elle forcément répondre à des questions sur la foi durant la cérémonie ? De toute façon, nous avons bien conscience du rôle d’une marraine et qu’il vaudrait mieux une personne pratiquante… Mais cela blesserait beaucoup cette personne-là.

On peut comprendre qu’une personne pressentie comme marraine et ne le devenant finalement pas puisse être blessée. On peut aussi comprendre les délicats équilibres dans les familles ou parmi les amis : « si on prend ton frère, on prendra ma sœur pour le prochain enfant » etc.

Mais le baptême n’est pas un événement mondain, c’est un événement spirituel. Le rôle du parrain et de la marraine est de guider l’enfant sur son chemin de foi catholique, de contribuer à son éducation religieuse. Pour cela, l’Eglise commande que les parrain et marraine soient catholiques et confirmés. Seul un adulte dans la foi peut aider l’enfant sur ce terrain-là. A la rigueur, on pourrait imaginer qu’ils soient orthodoxes car ils auraient reçu alors aussi le sacrement de Confirmation, qui se fait dès le baptême chez les orthodoxes (bien sûr, on trouvera toujours des contre-exemples où un prêtre a accepté un parrain protestant. Mais, au regard de l’Eglise, cela ne convient pas).

En outre, le baptême demande aux parrain et marraine de faire effectivement une confession de foi trinitaire mais aussi, de faire la triple renonciation à Satan. Cette personne athée est-elle prête à le faire ? Sincèrement ?

Les raisons de ne pas la prendre comme marraine sont donc multiples et rédhibitoires. Si elle est cohérente avec ses propres convictions, elle devrait le comprendre : comment veut-elle éduquer un enfant dans une foi qui n’est pas la sienne, une foi dans un Dieu auquel elle a pris explicitement position de ne pas croire ?

Si l’on renonce à « ce qui conduit au péché » lors du baptême, on renonce à une certaine facilité de vie. Sans parler de persécutions sanglantes contre les chrétiens, cela commence par prendre position déjà auprès de son entourage. Il doit y avoir moyen de le faire avec délicatesse et respect. Peut-être est-il aidant d’en parler avec le prêtre ou l’équipe de préparation ?

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