Un péché confessé disparait-il?

J’ai entendu dire qu’une fois qu’un péché était pardonné notamment par le sacrement de la réconciliation le démon ne pouvait plus nous importuner avec la faiblesse en question car Dieu l’avait effacé par son pardon. Cependant je ne sais plus quelle est la source de cette affirmation, si c’est bien le cas pourquoi l’ennemi réussit-il à nous faire rechuter parfois dans ces même péchés?

Nous ne connaissons pas la source non plus et nous ne la chercherons pas car elle est inexacte. Ce qui est vrai, c’est que la faute est pardonnée et qu’on peut très bien ne plus jamais rechuter, si on ne cède pas à la tentation suivante. Mais le pénitent qui est retenté pour le même péché plus tard et qui cède à la tentation y retombe.

Ce n’est pas vraiment de la faiblesse dont il est question, c’est de la responsabilité. La faiblesse n’est pas le péché. Elle est présente en nous, c’est un fait. Mais la question est de faire le choix de se laisser entrainer par cette faiblesse, ou de la surmonter. Cela demande une conversion et, pour se convertir, de prendre les moyens adéquats :

  • Fuir les circonstances qui remettent dans cet état de faiblesse : fréquentations, lectures, images, conversations, situations
  • Prendre les mesures inverses pour surmonter cette faiblesse : si c’est de la peur, s’exercer à faire des actes de courage, par exemple
  • Faire éventuellement un travail sur soi avec l’aide d’un psychothérapeute, pour dénouer ce qui est de l’ordre de la faiblesse psychologique et de la responsabilité morale. Encore une fois, ce sont deux plans différents
  • Faire des actes de charité, et, s’il le faut, d’ascèse, pour travailler sa volonté et ne pas se laisser mener par ses faiblesses. Le jeûne, par exemple, est assez efficace. Le bénévolat décentre de soi, donne la joie de se sentir utile à d’autres, et permet de ne pas se laisser engloutir par l’égocentrisme
  • Si le péché s’enkyste sur des blessures lourdes, ne pas hésiter à faire une démarche de guérison intérieure, d’agapé-thérapie ou quel que soit le nom qu’on leur donne. Mais choisir soigneusement des propositions en Eglise catholique (ou œcuméniques mais où les catholiques sont très présents comme au Chemin Neuf) et réputées pour leur sérieux. On voit de tout dans ce domaine
  • Bien sûr, avoir une vie sacramentelle active, se confesser régulièrement, prier et lire la Parole de Dieu tous les jours, avoir des lectures spirituelles, fréquenter un groupe de prière ou de partage d’Evangile.

Il arrive que des conversions profondes font qu’on abandonne totalement un comportement peccamineux et que, même si on est tenté plus tard, on ne se laisse pas entrainer par la tentation. Il arrive malheureusement plus souvent qu’on rechute. Il n’est pas nécessaire de se décourager. La confession fréquente, la prière et l’Eucharistie font faire tout de même un chemin et le pénitent évolue. La vie spirituelle est une dynamique. C’est avec un accompagnateur spirituel et en faisant une relecture de vie régulière qu’on s’en rend compte.