Un non-baptisé est-il marié validement et sauvé?

J’ai essayé de trouver la réponse dans les questions déjà posées mais je n’ai pas vraiment compris mon cas dans la multitude d’autres, c’est pourquoi je me permets de vous demander une réponse claire: Il y a 20 ans, avec une dispense de l’évêque, nous nous sommes mariés à l’église (moi – catholique / mon mari – athée). Ce sacrement est-il VALIDE? Est-il LICITE? Avec ma fille, baptisée, nous pouvons tout à fait librement pratiquer notre foi. Mon mari ne s’y oppose pas, nous emmène parfois à la Sainte Messe. 2 fois dans l’année, il vient même avec nous: pour Pâques et à Noel. Pour lui, c’est un peu comme du … spectacle, je crains. Car il s’obstine à ne rien vouloir savoir plus … Est-ce que – malgré cela – d’une manière, nous aidant dans la pratique de notre foi, nous aimant … peut-il être sauvé? Est-il vraiment condamné car non baptisé?? Les années passent, rien ne change, ça me chagrine … Comment changer les choses? Merci d’avance de votre réponse.

Il y a deux questions, en fait : 1°  est-ce que le mariage avec un non-baptisé est valide et licite ; 2° Est-ce qu’il sera sauvé.

1° Si le mariage est valide et qu’il a été fait selon les conditions de licéité, il n’y a pas de raison qu’il ne soit pas licite. Mais, est-il valide ? L’Eglise a toujours autorisé des mariages entre des catholiques et des non-catholiques, avec dispense, mais ce ne sont pas des mariages sacramentels (sauf avec un ou une orthodoxe. Le mariage est alors un sacrement).

En revanche, pour que le mariage soit valide, il faut que chaque conjoint, athée ou non, s’engage à respecter les quatre conditions du mariage chrétien (Mariage naturel et mariage sacramentel — Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr)) et qu’il ait compris à quoi il s’engageait. C’est là que des mariages peuvent être considérés comme invalides si ces  points n’ont pas été bien consolidés lors de la préparation : une personne athée a-t-elle bien compris qu’elle s’engageait dans un mariage fidèle, par exemple. L’autre cause de dissolution d’un mariage est le fait d’empêcher le conjoint catholique de pratiquer sa foi et d’éduquer religieusement les enfants. Mais ce n’est pas le cas ici.

Notons que les questions de validité ne se posent qu’en cas de contestation (le conjoint d’un bigame qui referait surface, par exemple) ou de procédure de nullité lors d’une séparation en vue d’un remariage à l’Eglise. Et les procédures de nullité ne concernent que les mariages sacramentels. Si tout se passe bien dans le ménage, il n’y a pas trop lieu de se poser des questions.

2° Toute autre est la question du salut d’un non-baptisé. Ca n’a pas grand-chose à voir avec le mariage. Suivre le Christ donne une espérance bien fondée d’être sauvé, car le Christ nous l’a promis. Pour ceux qui ne le suivent pas, qui peut le dire ? Dès l’Ancien Testament, des païens ont été considérés comme des Justes et on ne peut dire que la Miséricorde de Dieu n’ira pas jusqu’à eux. Au minimum, ce n’est pas aux hommes d’apporter une réponse dans un sens ou dans l’autre. Le Seigneur jugera.

Que la lectrice ne se décourage pas et continue à prier pour la conversion de son mari. D’une part, St Paul nous rappelle que « le mari non-croyant est sanctifié en la femme » (1 Co 7, 14). D’autre part, on l’aura compris, le comportement éthique de cette personne et son attitude sans hostilité vis-à-vis de la foi comptent. Enfin, le mari de St Monique, le père de St Augustin, s’est fait baptiser à la toute fin de sa vie, après la prière intense de sa femme. Et ils sont très nombreux, athées parfois militants, à se tourner vers le Seigneur à ce moment-là. L’intercession de Ste Monique est donc une bonne piste de prière pour la conversion des maris et des fils !