Un couple qui éloigne de Dieu est-il un bon couple?

Si être en couple m’éloigne de Dieu, fait que je n’ai plus envie d’aller à la messe les dimanches, cela signifie-t-il que cette personne n’est pas la “bonne” ?

Rien n’est moins sûr, car cela dépend grandement de l’attitude de chacun dans le couple.

Ce qui est certain, c’est qu’il arrive que le conjoint d’un ou d’une chrétienne ne le soit pas et l’incite à ne plus vivre sa foi: prier, aller à la messe le dimanche, faire baptiser et catéchiser les enfants, plus largement leur donner une éducation chrétienne etc. Dans ce cas, oui, cette personne n’est pas le conjoint qui convient. L’Eglise autorise même la dissolution du mariage dans ce cas, ce qu’on appelle le “privilège paulin” (en référence à St Paul). En effet, celui-ci exprime cette attitude en 1 Co 7, 12-17.

Mais, une lecture attentive de ce passage montre que St Paul parle plutôt du cas inverse: si un non croyant n’empêche pas son conjoint de vivre sa foi, ainsi que pour ses enfants, il ou elle peut être un très bon conjoint, et même vivre un chemin de sanctification grâce à son conjoint chrétien.

Il en résulte que, sauf à ce que le conjoint soit vraiment hostile à la foi de l’auteur de la question, le problème ne vient pas de lui/elle. C’est plutôt au lecteur de s’interroger. Qu’est-ce que cela veut dire, “je n’ai plus envie d’aller à la messe”? De la façon dont la question est tournée, cela n’est en rien de la responsabilité de l’autre, mais bien de l’auteur de la question. La messe chaque dimanche, on y va. Point. Cela ne se discute pas. Et surtout, il nous semble grave de rejeter la responsabilité sur d’autres de son manque de ferveur et de persévérance. Que ce soit pour la messe ou l’ensemble de la vie spirituelle. Prier tous les jours, cela ne se discute pas non plus. On fixe un temps d’oraison et on s’y tient. De même pour la lecture de la Parole de Dieu quotidienne ou la confession mensuelle (ou au minimum avant les solennités).

Le Père Rigard-Cerison, jésuite, comparait la messe à un sandwich. On n’a pas toujours envie de manger un sandwich, on le fait souvent parce qu’on n’a pas le temps, ou le lieu, pour manger un repas plus gastronomique. Le plus souvent, on ne s’en souvient même plus les jours suivants. Il n’empêche qu’il faut bien manger tous les jours et que ce sandwich permet de vivre. De la même façon, chacun peut manquer d’entrain pour aller à la messe, ne pas la trouver fantastique et ne se rappeler de rien de l’homélie une heure après. Toutes les messes ne sont pas des JMJ extraordinaires et on n’y tutoie pas toujours les anges en recevant des grâces mystiques dignes de Ste Thérèse d’Avila. Mais elle est indispensable pour se nourrir spirituellement et, ne pas y aller, au final, c’est mourir.

Si cette analogie peut aider le lecteur la prochaine fois qu’il renâclera à se rendre à l’eucharistie, qu’il en fasse son profit.

La question soulève cependant un autre point. il est question d’être “en couple”. “En couple”, cela ne veut pas forcément dire marié. Les personnes en questions sont-elles mariées? Autrement, la tiédeur spirituelle n’a rien d’étonnant. Si elles ne sont pas fiancées ou n’envisagent pas une préparation au mariage prochainement, elles ne sont pas sur une bonne pente spirituelle. En concubinage, le partenaire n’est jamais “le bon”, parce que la situation n’est pas bonne.  Qu’elles commencent par examiner cela.

 

 

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