Un chrétien doit-il être gentil?

J’aimerais savoir comment un chrétien doit se comporter avec les autres ? Doit-on être tout le temps gentil ? Peut-on dire non ? Peut-on s’énerver ? Je fais partie d’un groupe d’études avec une personne qui ne fait pas son travail, mais qui est toujours à faire des remarques négatives sur le travail fait par le reste du groupe, je perds patience et ne sait pas trop comment me comporter avec elle.

St Paul répond à cette question dans la Première Epître aux Corinthiens : « J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée. » (1 Co 13, 1-8).

Donc la question n’est pas d’être gentil, elle est d’être charitable, c’est-à-dire aimant.

Ceci dit, il n’y a pas de charité sans vérité, c’est même le titre d’une encyclique de Benoît XVI, Caritas in veritate, et un chrétien n’agit jamais sans exercer son discernement. Cela veut évidemment dire non à des situations d’injustice et d’abus, et à l’exprimer très fermement s’il le faut. Sans s’énerver mais en prenant un ton sans équivoque. Non possumus.

Sur le cas particulier du groupe d’étude, la question est plus managériale que théologique.  Elle soulève plusieurs autres questions et nous inspire les considérations suivantes.

– Le groupe a-t-il un responsable ou modérateur ? Si oui, c’est à lui de remettre à sa place le perturbateur.

– Le constat est-il partagé par d’autres membres ? Si oui, une correction fraternelle, d’une personne d’abord, puis de 2 ou 3, puis de tout le groupe, peut s’exercer (cf. ce que nous dit le Christ en Mt 18, 15-20)

– Comment est organisé le travail ? Comment chaque membre rend compte de ce qu’il a fait au groupe et comment se fait-il que  quelqu’un ne le fasse pas ? Pourquoi n’est-il pas interrogé par le groupe lorsque c’est le cas ?

– S’il n’y a pas de responsable, le groupe est-il régulé par des bilans aux étapes importantes, au moins une fois par an ? Ce peut être le moment d’exposer calmement les problèmes que causent ce travail non fait

– La question ne précise pas si ce groupe doit rendre des comptes à une instance extérieure (groupe professionnel, universitaire, mission d’Eglise) ou sans rendu obligatoire (groupe paroissial ou hobby). Dans le premier cas, l’attitude du perturbateur met en danger le bon déroulement de la mission et il faut le mettre en demeure de faire sa part ou en faire part à l’autorité qui mandate le groupe. Dans le deuxième, le groupe peut se dissoudre et se reconstituer sans cette personne si elle ne veut entendre raison.

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