Un catholique peut-il être fonctionnaire?

Préparant actuellement les concours de la fonction publique de l’Etat je m’interroge sur la compatibilité entre mes éventuelles futures fonctions et la foi catholique. Je pense tout particulièrement à la question de l’avortement, du mariage homosexuel mais aussi de l’exigence de laïcité. Souhaitant rentrer notamment dans l’administration fiscale je souhaite avoir un éclairage si de telles fonctions peuvent me rendre complice de péchés graves.

Il est sûr que travailler dans l’admnistration implique une exigence de laïcité mais nous ne voyons pas en quoi c’est incompatible avec la foi catholique. La laïcité a été inventée par les catholiques.

Que certains l’utilisent à des fins cathophobes, c’est évident. Mais il y a des lois qui respectent la liberté du culte et la liberté de conscience et il faut être ferme pour les faire respecter. Il faudrait des exemples plus précis pour répondre de façon plus complète. En quoi la laïcité administrative attaque la liberté du culte ou de conscience ? Il faut bien sûr aller à la messe en dehors des heures de travail, mais c’est vrai pour tout travail. Refuser le travail le dimanche ? C’est largement possible et, au pire, il faut s’organiser pour aller à la messe le samedi soir ou dimanche soir. Il convient d’être prudent dans ses conversations mais nous pouvons certifier qu’on peut toujours avoir des discussions de cantine ou de machine à café sur des sujets de foi. Le tout est de les amener avec discernement. Par exemple, en répondant qu’on fait carême à une question d’un collègue face à un maigre plateau. Cela enclenche en général une discussion.

Un point d’achoppement peut être le port d’une croix. D’abord, ce n’est pas un article de foi d’en porter visible et s’il faut être prudent et la mettant sous ses vêtements, ce n’est pas peccamineux. Ensuite, on peut s’appuyer sur la jurisprudence européenne. Cela ne peut être interdit à des personnes n’étant pas en contact avec le public et seuls les signes ostensibles (plus de 3 cm) sont interdits. On peut donc contester des mesures abusives. Tout comme ne pas hésiter à dénoncer auprès des ressources humaines ou du référent diversité des propos cathophobes. Nous l’avons déjà fait. Ils sont bien embarrassés mais ça les change de l’homophobie et du racisme et ils sont obligés de faire quelque chose. La réponse n’est pas, à notre sens, de refuser la fonction publique, elle est dans une assertivité, prudente mais ferme, des catholiques qui y travaillent. Ce qui implique de s’identifier entre collègues (il y en a toujours mais assez discrets) et, pourquoi pas, aller à la messe ensemble ou échanger. Nous l’avons fait lors d’un Chemin de croix, par exemple.

Sur les sujets éthiques et sociétaux, le risque est faible dans l’administration fiscale. Pour le « mariage » homosexuel, nous recommandons de se faire discret, sauf avec des collègues de confiance et de se débrouiller pour éviter les dossiers qui y touchent, c’est souvent possible de s’entendre avec un collègue. Si ce n’est pas possible, il reste l’objection de conscience plus ou moins explicite (cela peut passer par des congés etc). Et ce peut être aussi l’occasion d’influencer, avec prudence, des décisions à son niveau : par exemple, ne pas relayer certaines propagandes, orienter des aides fiscales vers des associations contribuant le plus au bien commun etc. L’important est de toujours garder une bienveillance envers les personnes et un grand professionnalisme pour se faire écouter.

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