Un catholique doit-il être royaliste?

En tant que catholique, comment devons-nous positionner vis-à-vis de la République ? N’est-il pas plus logique d’être royaliste ?

Il nous semble que le Christ répond lui-même à cette question : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Lc 20, 25). Le Roi de l’univers, c’est lui. Le catholicisme est neutre quant au régime politique. Il a pu se déployer dans tous les régimes : persécuté au cours de l’Empire romain, puis promu toujours dans l’Empire romain, protégé dans plusieurs royaumes européens mais persécuté par le roi ougandais Mwanga II, qui fit martyriser Charles Lwanga et ses compagnons, pouvant s’épanouir dans la république des Etats-Unis mais persécuté dans celle de Chine etc.

Il n’est pas du tout sûr que les catholiques puissent moins bien vivre leur foi et annoncer le Christ, par exemple, dans la république polonaise que dans le royaume d’Espagne, où des femmes peuvent avorter à un stade très avancé de leur grossesse sous prétexte de « danger psychologique », qui a été un des premiers pays européens à légaliser le mariage gay et dont le roi actuel a refusé toute cérémonie religieuse catholique pour son couronnement. Ou qu’en Belgique, dont le très catholique roi, membre de la Communauté de l’Emmanuel, a signé le décret de légalisation de l’euthanasie des enfants.

L’important n’est pas le régime politique d’un pays mais de savoir si les usages et les lois sont compatibles avec la Doctrine sociale de l’Eglise. Même si le dirigeant n’est pas catholique, il n’est pas impossible que la foi catholique s’y épanouisse. Certains régimes sont cependant basés sur des « structures de péché », comme disait St Jean-Paul II. C’est là qu’est l’enjeu pour que les catholiques se mobilisent en politique, afin que les décisions politiques et les lois soient compatibles avec la Doctrine sociale de l’Eglise.