Tutoiement du Notre Père et Enseignement de l’Eglise

Dans votre réponse du 23 mars sur le tutoiement/vouvoiement des prières, je remarque une lourde incohérence qui fait perdre tout son sens et tout son intérêt à l’article. Voyez : “Sur le plan historique et exégétique, cela fait sens : le vouvoiement n’existant ni en hébreu, ni en grec, le Notre Père initial était forcément tutoyé.[…] Le Kaire Maria grec de l’Evangile de Luc est tutoyé.” Las ! la même phrase se contredit seule ! Puisqu’il n’existe pas d’interpellation différente selon le degré de respect (fonction du vouvoiement français), on ne peut pas dire que le “notre père” originel est tutoyé ou vouvoyé. Il faudrait chercher une autre marque de respect particulier dans la traduction. Que l’on trouve sans difficulté. Aussi, loin de répondre à une question bien présente – et de plus en plus vu le retour progressif du vouvoiement des parents – cet article n’apporte rien. J’espère par la présente interpeller l’auteur : pouvez-vous faire vous-même les recherches & corrections nécessaire à la bonne compréhension du sujet (qui concernent tout de même 50% de l’article) ?

Sur réponses-catholiques.fr, nous ne nous préoccupons pas de sociologie mais nous avouons notre curiosité : quelles données scientifiques, quelles statistiques fiables l’auteur de la question peut-il avancer pour affirmer qu’il y a un « retour progressif du vouvoiement des parents ? » Parce que, pour notre part, nous n’observons rien de tel.

Pour en revenir à l’essentiel du sujet, dans notre article « Tutoiement et vouvoiement du Notre Père et de l’Ave Maria »  (https://www.reponses-catholiques.fr/tutoiement-et-vouvoiement-du-notre-pere-et-de-lave-maria/), à un moment, les mots ont un sens :  « tutoyer » signifie employer la deuxième personne du singulier et « vouvoyer » la deuxième personne du pluriel pour s’adresser à un interlocuteur, cela quelle que soit la langue. Voyons le texte originel du Notre Père en Mt 6, 9-13. Pour la commodité de nos lecteurs, nous l’avons translittéré en caractères latins (les hellénistes nous pardonneront d’omettre, pour simplifier, les esprits, les accents et les iotas souscrits).

Pater

Emon o en tois ouranois

Agiasthètô to onoma son

Elthetô è basileia son

Genèsthètô to thelèma son

Os en ouranô kai epi gès

Ton arton èmôn ton epiouson dos èmin sèmeron

Kai aphes èmin ta opheilèmata èmôn

Os kai èmeis aphèkamen tois opheiletais èmôn

Kai mè eisenegkès èmas eis peirasmon

Alla rusai èmas apo tou ponèrou.

Nous avons mis en gras tous les pronoms et les conjugaisons qui indiquent la deuxième personne du singulier.  Par ailleurs, lorsque nous lisons « Il faudrait chercher une autre marque de respect particulier dans la traduction. Que l’on trouve sans difficulté. », nous demandons laquelle. Car nous n’en voyons aucune. Le texte commence par Pater, c’est-à-dire mot-à-mot, « Père », comme cela a été rendu en français.

En outre, St Paul nous dit en Ga 4, 6 : « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos coeurs l’Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père! ». Abba, c’est « Papa » en hébreu et araméen, y compris en hébreu moderne de nos jours. Donc l’Ecriture souligne prioritairement la proximité du Père avec nous, c’est la pointe même de l’enseignement du Christ.

Et quand la Sainte Ecriture et le Magistère de l’Eglise nous proposent un Notre Père tutoyé, rien ne permet de contester de le prier ainsi.

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