Traduction d’un verset catholique ou non

Quelle est la meilleure traduction de Matthieu 25.46: perdre; faire périr; détruire? Jérusalem : « Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l’âme et le corps. » ; Segond 21 : « Ne redoutez pas ceux qui tuent le corps mais qui ne peuvent pas tuer l’âme. Redoutez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps en enfer. » ; TMN : «  Et n’ayez pas peur de ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent pas tuer l’âme. Craignez plutôt celui qui peut détruire à la fois l’âme et le corps dans la géhenne. »

D’abord, ce verset n’est pas Mt 25, 46 mais Mt 10, 28. Le verset Mt 25, 46 est « Et ceux-ci s’en iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle. »

Ensuite, nous ne comprenons pas bien quelle est la difficulté de traduction :

  • Le premier verbe utilisé, φοβεῖσθε, veut dire “avoir peur”, c’est le même mot que “phobie”. Donc le traduire par “avoir peur”, “craindre”, “redouter” est quand même assez synonyme. Avoir une phobie, c’est avoir peur avec une grande intensité, que “redouter” rend très bien. La Bible interlinéraire grec-français traduit par “craindre”, donc la Bible de Jérusalem (BJ) est très proche du texte mot-à-mot.
  • Perdre/faire périr/détruire rendent le verbe  ἀπολέσαι. Si on regarde un dictionnaire grec-français, tous les sens ici sont possibles: “détruire”, “perdre”, “tuer” etc. Et l’Ancien Testament emploie plusieurs fois la « perdition » au sens de la mort tragique et consécutive du péché. « Perdre » rend donc bien la dimension à la fois physique et morale de cette mort définitive. C’est d’ailleurs le choix de la Bible interlinéraire.
  • γεέννῃ, la géhenne, est le terme hébraïque se rapprochant le plus d’ “enfer”, qui a une racine latine. Le nom vient d’une vallée au pied des remparts de Jérusalem où avaient lieu des sacrifices d’enfants, puis était devenu un dépotoir. C’est donc un lieu de mort, d’horreur et de souillure. Traduire par “géhenne” décline directement le mot dans le texte grec, mais traduire par “enfer” est correct dans l’esprit.

Par conséquent, ces trois traductions sont valables sur le plan linguistique, la plus proche du texte interlinéaire étant la BJ. Il en va tout à fait différemment sur le plan théologique :

  • Nous faisons remarquer que la Bible Second est une Bible protestante et que, par conséquent, ses traductions ne vont pas toujours correspondre à la théologie catholique. En outre, les livre deutérocanoniques n’y seront pas présents, c’est donc une Bible tronquée. Il vaut mieux utiliser une Bible catholique ou œcuménique.
  • La Bible TMN est l’Ecriture des Témoins de Jéhovah. Ce n’est pas une Bible. Elle est réécrite et amputée de tous les versets qui gênent cette secte : tout ce qui concerne la divinité de Jésus-Christ, sa résurrection, son caractère d’unique Sauveur. L’erreur de versets de la question s’explique peut-être ainsi. A fuir absolument.
  • Comme mentionné dans cet article : Quelle Bible prendre? — Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr), les Bibles de bon niveau scientifique les plus employées par les exégètes sont la Bible de Jérusalem et la Traduction œcuménique de la Bible (TOB).

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