Toucher le Corps du Christ ?

Je sens beaucoup de souffrance et de scandale dans cette question. Il faut dire qu’en cette matière nous n’avons pas été privés d’occasion d’être choqué, depuis bien des années… hélas ! Et, souvent l’exemple venait d’en haut.

Où est la vérité en ce domaine ? Pour la trouver, il faut en revenir à ce que dit l’Église. Je ne reviens pas ici sur la foi dans le Très Saint Sacrement, mais sur la discipline qui l’accompagne, ni sur la discipline de la communion sur la main. L’enjeu est ici de savoir si des laïcs peuvent distribuer et porter la communion.

Tout le monde connaît l’exemple du jeune Tarcicius, souvent donné en exemple aux servants d’autel. Il est le témoin d’une longue tradition chrétienne. Dès les premiers temps du christianisme, l’usage s’est répandu de porter le l’Hostie, en dehors de la célébration liturgique, aux malades et aux personnes incapables de se déplacer jusqu’à l’église. Des laïcs ont pu être chargés de cette belle mission, en particulier en périodes de persécution.

Rapidement, en monde chrétien, la multiplication du nombre des clercs, mais surtout le désir de manifester la proximité entre le Christ et son ministre dans le Saint Sacrement de l’autel, a conduit à réserver cette fonction au prêtre. C’est Notre Seigneur qui se donne à nous et, liturgiquement, c’est le prêtre qui agit en lui (« in persona Christi » dit la formule latine). Si le signe est trop détaché de son sens, bien entendu il ne « fonctionne » plus.

Tout ceci est réglé aujourd’hui par des dispositions canoniques que chacun devrait avoir à cœur d’observer, avec autant de foi que de rigueur (tant pour la distribution à la messe que pour les malades). En d’autres termes, oui, l’Église permets, dans certains cas et selon des règles à respecter, aux fidèles laïcs de distribuer la Sainte Communion et de la porter aux malades. Nous y reviendrons si vous voulez.

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

Notez cet article