Suppression de messes

Dans notre petite commune, nous avons le plaisir d’avoir une communauté paroissiale très active et très soudée. Jusqu’en Octobre 2017, avions une messe le samedi soir et une le dimanche matin en notre Chapelle du Sacré-Coeur. Assistance comble pour ces deux offices. Brutalement, en novembre 2017, suppression de la messe du samedi soir avec menaces récentes de supprimer la messe du dimanche. Au moment où l’on se plaint d’une fréquentation moindre de nos églises – et au moment où les 62 mosquées de France font le plein – et voient leur nombre progresser inéluctablement, comment la hiérarchie catholique peut-elle oser supprimer 104 messes dans une localité, où la communauté est solidaire, fraternelle, fréquentant assidument les offices. Cette chapelle est au coeur du village, coeur historique de la ville. En supprimant ces offices notre clergé local prive – en plus – tous les commerçants du secteur de l’afflux des paroissiens, 2 jours par semaine. Devant l’émoi profond suscité, retransmis jusqu’à l’évêché, nous sommes renvoyés vers le vicaire (et le curé local) qui excluent toute discussion de la décision intervenue. Peut-on, aujourd’hui, dans une église souffrant de la baisse de fréquentation généralisée, agir avec autant de brutalité à l’égard de paroissiens exemplaires. Nous comptons bien ne pas en rester là.

www.reponses-catholiques.fr n’a certainement pas vocation à intervenir dans un conflit entre un diocèse et ses paroissiens, à commenter une décision de l’évêque et à évaluer le bien-fondé de la suppression de ces messes par rapport à d’autres solutions alternatives.

Nous comprenons ce que cet événement peut avoir de douloureux pour cette communauté paroissiale et, comme elle est loin d’être la seule en France, le découragement et peut-être même le désespoir que ce symptôme supplémentaire de la déchristianisation de notre pays peut entrainer. Nous sommes aussi conscients que, comme les monastères ont suscité le développement de l’Europe au Moyen Age en agrégeant autour d’eux des activités économiques, le défrichage des forêts et le drainage de marais insalubres, la disparition d’activités paroissiales a tout autant un impact, négatif cette fois, sur la dévitalisation des territoires.

Mais ceci dit, il faut en revenir aux causes et elles doivent nous interpeler tous. Les pratiquants parmi nos lecteurs peuvent s’interroger sur leur rôle, au moins indirect, dans ce genre de drame : ont-ils donné leur vie au Christ pour devenir le prêtre qui aurait pu continuer à célébrer la messe dans cette chapelle? S’ils sont mariés, quels sont leurs enfants qu’ils ont donné à l’Eglise pour qu’elle ait des consacrés, prêtres et religieuses ? Ont-ils accepté de devenir diacres pour maintenir une autre forme d’engagement chrétien et certains sacrements sur place ?

La question concerne tout autant les femmes. Laquelle est devenue religieuse ou consacrée pour participer à une communauté qui rayonne suffisamment pour que le diocèse décide que des messes y soient célébrées ? Qui encourage la vocation à l’ordination diaconale de son mari ou à la vie consacrée de ses enfants ?

Quels paroissiens, laïcs ou non, s’engagent à se former théologiquement pour animer des formations, à faire de l’accueil à la chapelle, à animer un groupe de prière, à participer à des séances d’évangélisation ? Bref, plus une communauté est vivante, plus elle suscitera des vocations et une vie ecclésiale.

La remarque incidente sur les mosquées pleines demande à être commentée. D’abord, faisons remarquer qu’il y a plus de 2500 mosquées en France et non 62. Ensuite, si elles sont pleines, pourquoi ? Parce que les musulmans sont plus pratiquants que d’autres. Qui, parmi nous, annonce sérieusement l’Evangile aux musulmans ? Soutient réellement les catéchumènes issus de l’Islam ? Et même qui annonce l’Evangile tout court dans sa famille, à ses amis, au travail, pour susciter des vocations et que les paroisses de nos petites villes et villages soient pleines, et pleines de chrétiens fervents ?

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