St Paul, Marie-Madeleine et Augustin étaient-ils mariés et est-ce que cela autorise le remariage?

A propos de https://www.reponses-catholiques.fr/se-remarier-et-communier-apres-un-mariage-a-leglise-non-sacramentel/, St Augustin avait été marié et avait une vie dissolue, tout comme St Paul ou Ste Marie Madeleine, mais le Seigneur leur a pardonné et les a pris près de Lui. Et des Prêtres du 21 siècle seraient plus royaliste que le Roi des rois ? …. Le pardon existe et je me demande si quelqu’un qui fait un tel parcours, suite à une erreur de jeunesse je pense, mériterait le PARDON, et je suis sûr que le Christ l’aurait pris comme Disciple s’il le rencontrait maintenant, n’en déplaise aux “si purs”, certainement qu’ils ne voient que la paille dans l’oeil du voisin et pas la poutre qui est dans le leur…. Que le Seigneur te Bénisse & te Garde. Qu’Il te montre Sa Face & soit Miséricordieux pour toi. Qu’Il tourne Son Visage vers toi & te Donne La Paix. » –Bénédiction de St François à Frère Léon–

Le point de départ de la question n’est malheureusement pas exact du tout. St Augustin n’a jamais été marié. Il a vécu en concubinage avec celle à qui il ne donne même pas de nom, l’appelant « la mère d’Adéodat », alors qu’elle était la mère de son fils. On ne sait quasiment rien de cette femme mais on suppose qu’elle était d’un milieu modeste, voire esclave, ce qui fait que la famille d’Augustin – et Augustin lui-même ? – n’aurait pas accepté un mariage vu comme une mésalliance.

C’est justement lorsque la mère d’Augustin, Ste Monique, a arrangé un « beau » mariage avec la fille d’un sénateur que la mère d’Adéodat s’est retirée. On ne sait pas si on l’a poussée dehors ou non. En tous cas, c’est pendant ses fiançailles avec la fille du sénateur qu’Augustin a vécu la conversion fulgurante qu’il raconte dans ses Confessions. Le dernier obstacle qu’il mettait pour accepter le Christ – à tort ou à raison, ce n’est pas le sujet – était justement son incapacité à s’engager dans la chasteté. Dans l’épisode du « tolle, lege » (« prends, lis ») du jardin, c’est le texte de St Paul sur le renoncement à la vie sexuelle sur lequel il tombe qui est le déclic pour sa conversion. Il a immédiatement vécu une vie consacrée chaste par la suite.

St Paul dit clairement qu’il est célibataire. Cf. 1 Co 7. Rien n’indique qu’il ait mené une quelconque vie dissolue, au contraire, il insiste sur le fait qu’il était pharisien et respectait scrupuleusement la Loi. Et on ne sait pas du tout si Ste Marie Madeleine était mariée. On sait juste que le Christ a chassé d’elle « sept démons ». Sept démons, cela signifie symboliquement une totalité. Mais que sont ces sept démons ? Les interprétations sont diverses. Traditionnellement, les hommes d’Eglise y voient une connotation sexuelle mais le texte est silencieux là-dessus. On peut tout aussi y voir aussi une explication psychanalytique, le Christ l’ayant guérie de graves troubles névrotiques ou d’une forte dépression.

Par ailleurs, si Marie-Madeleine est la sœur de Marthe et Lazare – c’est très contesté par plusieurs biblistes mais certains exégètes s’appuient sur l’épisode de l’onction de Béthanie en Jn 12, 1-11 et les passages d’onction qui y font écho en Mt 26, 6-13 et Mc 14, 3-9 pour soutenir cette thèse – il y a plutôt des chances qu’elle ne soit pas mariée. Pourquoi vivrait-elle alors chez son frère ?

Donc nous ne voyons pas trop le rapport avec l’accès au sacrement suite à un remariage. Soit le premier mariage est valide, soit il ne l’est pas. Mais s’il est valide, la Tradition constante de l’Eglise, fondée sur l’enseignement du Christ, est qu’on ne peut répudier son conjoint et qu’avoir des relations sexuelles avec quelqu’un d’autre est considéré comme de l’adultère et ne permet pas l’accès aux sacrements.

Enfin, la bénédiction qui conclut la question est peut-être dite par St François. Mais c’est surtout une bénédiction juive qu’on retrouve dans le Talmud.