Se former en études de Bible à l’Institut Docteur Angélique ou ailleurs?

Je suis très intéressé par l’étude des saintes écritures. Je ne dispose pas d’un diplôme universitaire qui pourrait me permettre d’entrer dans une école d’études en théologie pour me former en vue d’un diplôme. Que penser de certaines “écoles”, comme l’Institut Docteur Angélique (http://docteurangelique.free.fr/accueil.html), qui propose différentes formations, sans les exigences susmentionnées ? Également, une pierre deux coups, que pensez-vous justement de M.Arnaud Dumouch, fondateur de cet Institut, qui fait beaucoup de vidéos, autant intéressantes qu’édifiantes, sur youtube ?

Il y a deux sujets dans cette question : 1° la formation théologique et 2° l’Institut Docteur Angélique.

1° Il n’y a pas besoin de diplôme universitaire pour faire des études de Bible, ou même de théologie. C’est parfois nécessaire pour faire des études canoniques dans une faculté de théologie, l’équivalent d’une licence (baccalauréat canonique), voire d’un master (licence canonique) dans l’université profane. Mais tout le monde n’est pas obligé de faire des études à ce niveau-là, si ce n’est pas exigé pour des raisons professionnelles – par exemple, avoir des responsabilités en pastorale – académiques – enseigner – ou vocationnelles – être ordonné prêtre ou accéder à certaines fonctions dans une congrégation religieuse.

Bref, pour un fidèle laïc qui souhaite simplement se former à l’Ecriture et approfondir sa foi, plusieurs facultés de théologie et différents organismes proposent des cursus très bien faits et accessibles facilement. La plupart des facultés de théologie ont des cours en 2 ou 3 ans, qui ne délivrent pas de diplômes canoniques, mais sont déjà de bon niveau. Certaines ont des cours du soir en auditeur libre, ce qui permet à chacun de s’organiser à la carte et en fonction de son budget. Certains diocèses n’ont pas de faculté de théologie mais ont des centres d’études bibliques ou de formation théologique de base, du type Centre d’intelligence de la foi, qui sont déjà très solides.

Pour les fidèles n’ayant pas accès facilement à ces cursus (mais qui y a accès facilement en ces temps de crise sanitaire ?), des solutions en ligne et/ou par correspondance existent aussi. On peut même faire le baccalauréat canonique de théologie par correspondance à la faculté de Strasbourg. Le lecteur pourra sûrement trouver ce qui lui convient.

2° Ce qui amène au deuxième point : le discernement dans le choix du lieu de formation. Nous ne pouvons que recommander de s’orienter vers les facultés catholiques habilitées à délivrer des diplômes canoniques, même si on fait un cursus plus simple. Donc, en France, les facultés catholiques de Lille, Strasbourg/Metz, Lyon, Toulouse, Angers et, à Paris, l’ICP, les Bernardins et le Centre Sèvres. Ou alors, au moins un centre de formation diocésain, c’est-à-dire reconnu par l’évêque du lieu.

Nous ne pouvons que recommander aussi la plus grande prudence pour les formations totalement privées. Si elles ne sont pas reconnues par un évêque et si elles ne sont pas adossées à une faculté catholique, c’est mauvais signe.

Pour ce qui est de l’Institut Docteur Angélique, nous ferons les réserves suivantes :

  • Non délivrance d’un diplôme canonique mais seulement des 4 premières années. Pourquoi ?
  • Le vicaire épiscopal de Namur qui les aurait reconnus est décédé en 2016. Quelle reconnaissance ont-ils, ou pas, depuis ? Si l’on en croit le site, nous n’en voyons pas d’autres
  • Le corps professoral : plusieurs « en attente » ou « en sollicitation », certains formés sur place, ce qui ne garantit pas leur compétence académique en dehors. Et avoir comme email académique Rodophe DUMOUCH(albatros_erudit@yahoo.fr) ne donne pas forcément une impression de sérieux
  • La méthode pédagogique : beaucoup de cours « à venir ». En outre, St Thomas d’Aquin est incontournable en théologie et même en philosophie, nous ne cherchons pas à le discuter. Mais il n’est pas le seul et une formation puisant à des sources plus variées serait certainement plus riche
  • L’ecclésiologie : donner comme référent en philosophie le P. Marie-Dominique Philippe pose un réel problème. Celui-ci a été condamné par l’Eglise pour abus sexuels dès les années 1950 et des révélations plus récentes ont indiqué qu’il a récidivé. La communauté qu’il a fondée a décidé de retirer du public toute référence à ses enseignements avant plus ample discernement. Comment le prendre comme référent dans une formation religieuse, même en philosophie ?

Une rapide recherche sur Internet montre de nombreuses controverses sur le fondateur de l’Institut. Nous ne prétendons pas ici prendre parti. Mais ce n’est pas très bon signe pour aider un étudiant en théologie peu averti à s’orienter.

Nous conseillons donc, dans le doute, de s’orienter vers des formations plus reconnues. Tant qu’à se référer à la pédagogie dominicaine, à partir de St Thomas d’Aquin et même du P. Philippe (qui était au départ dominicain), pourquoi ne pas aller directement à la source ? En étudiant à partir de leur université en ligne et de ses différentes propositions ? DOMUNI. Philosophie, théologie, sciences sociales.

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Commentaires

  1. Vallet Amaury

    Avant de parler des polémiques sur le fondateur, regardez qui les a initiés : uniquement un petit milieu intégriste d’extrême-droite tournant autour de Radio Courtoisie, Radio Athéna, Henri de Lesquen, les sédévancantistes, etc.
    Ils sont bruyants mais ne représentent rien !
    Regardez plutôt cette reconnaissance de Monseigneur Léonard : http://www.belgicatho.be/archive/2021/07/05/reconnaissance-des-etudes-et-du-diplome-de-l-institut-docteu-6325313.html

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