Rome, le St Siège et l’Apocalypse

Un ami m’a dit, en référence au livre de l’apocalypse 17;9, que Rome tombera dans l’hérésie, dans une grande apostasie “9 Ici il faut une intelligence douée de sagesse. Les sept têtes sont sept montagnes sur lesquelles siège la Femme.”, Rome étant une ville entourée de sept collines. N’est-ce pas en contradiction avec la Parole du Christ qui nous dit que “les portes des enfers ne prévaudront point contre (l’Église) elle” ? Également, l’une de ses références était le troisième secret de Fatima, est-ce crédible ?

Oui, c’est contradictoire avec les paroles du Christ mais cela dépend du degré et du moment de ce qu’on entend par là.

L’Apocalypse est un livre difficile et il faut faire attention en l’interprétant, pour éviter de dire de grosses bêtises. Cf. L’Apocalypse — Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr) ; L’Apocalypse — Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr).

La clef de lecture, comme nous l’avons plusieurs fois expliqué, c’est qu’il se réactualise à chaque époque : ce qui est décrit s’est passé au Ier siècle mais se passe aujourd’hui et se passera à la fin des temps. En revanche, les symboles aussi se réactualisent et ne doivent pas être pris au pied de la lettre.

De fait, c’est « Babylone » qui est écrit sur le front de la femme, pas Rome ( Ap 17, 5). Mais il est vrai que de nombreux exégètes y ont vu une allusion à Rome, ce que la mention des sept collines renforcent. Certains ont vu dans les 7 rois, des empereurs et ont tenté de faire correspondre des listes d’empereurs du Ier siècle, dont certains ont été renversés par un coup d’état, avec ces 7 rois. En tous cas, c’est l’Empire romain du Ier siècle qui est décrit.

Faire un saut de plus de 1900 ans pour y voir la Rome actuelle est hasardeux. D’abord, dans un cas, il s’agit d’un pouvoir politico-religieux, dans l’autre le St Siège et la République italienne ne sont pas la même entité. En outre, le texte parle de « Babylone », pas de « Rome ». Si Babylone est une métaphore de la capitale de l’Empire, elle peut être une métaphore d’une autre ville, symbole de puissance incontestée de nos jours : Washington ? New York ? Pékin ? Mountain View ? Cuppertino ? Qui sait ?

Personne ne prend « Babylone » au pied de la lettre et n’y voit Bagdad (quoique. Pourquoi la Bête ne serait pas l’Etat islamique ? Babylone serait alors Raccah). Il n’y a pas de raison de prendre les allusions à Rome au pied de la lettre non plus.

Deuxième point : « Rome tombera dans l’hérésie ». Ce n’est pas, pour le coup, ce que dit le texte. Une hérésie, c’est une fausse doctrine chrétienne. Ce n’est pas ce qui se passe à Babylone dans l’Apocalypse. Les adorateurs de la Bête ne sont pas des chrétiens déviants. Ils ne sont pas chrétiens non plus, ce qui est normal : au Ier siècle, l’écrasante majorité des Romains étaient païens. Si des églises mentionnées dans les lettres aux sept églises du début du livre sont hérétiques, elles ne sont pas « Babylone ».

Que des chrétiens de « Babylone » apostasient, c’est possible. Mais ce n’est pas ce que dit le texte. Au contraire, en Ap 20, 8-9, il est écrit qu’ « il sortira pour égarer les gens des nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre ; ils sont aussi nombreux que le sable de la mer. Ils montèrent, couvrant l’étendue de la terre, ils encerclèrent le camp des saints et la Ville bien-aimée, mais un feu descendit du ciel et les dévora. »

Quelle est cette « Ville bien aimée » ? Jérusalem ? La Cité du Vatican ? En tous cas, ce sont des ennemis extérieurs, Gog et Magog symbolisant des rois païens dans la Bible. Donc, les nations apostasient peut-être, elles suivent Satan et la Bête. Mais elles n’arrivent pas à prendre le « camp des saints. »

Venons-en au 3e secret de Fatima. Le Cardinal Ratzinger, le futur Benoît XVI, en a donné une description officielle. Certains pensent que le véritable secret n’a pas été révélé. Il ne nous appartient pas de trancher et c’est notre devoir de rappeler le message de l’Eglise. Si on s’en tient à la lettre de la prophétie, on ne sait pas quels sont les agresseurs de l’homme en blanc, qui tirent les flèches et les balles et qui sont les morts. Rien ne dit que ce soient des hérétiques de « Rome », au sens du St Siège, qui soient les agresseurs. L’interprétation donnée par le Cal Ratzinger n’est peut-être pas la seule possible mais elle se tient.

Donc, au final, les assertions sur l’hérésie et l’apostasie de « Rome » ne reposent sur rien. Qui peut dire ce qui se passera ? La seule certitude que donne l’Apocalypse, c’est que le Christ est déjà vainqueur et que la violence de Satan n’est qu’une sorte de « baroud d’honneur ». Plus il devient violent, plus son échec se rapproche.

Commentaires

  1. Michèle PLAHIERS

    Bonjour, décidemment, l’Apocalypse est à lo’rdre du jour. Je vines de terminer un peu chaos, le livre très intéressant de Johan Dreue. Ayant passé mon enfance, rue des Prêtes à Renaix à côté de la Basilique Saint-Hermès, je vois plein de synchronicité avec ce Qu’il écrit. C’est énorme. J’ai lu tout Festugière. Son livre: Théorie Alchimique de la fin du monde. De la Croix d’Hendaye…Pour moi Satan, ce sont les pervers-narcissiques qui sont aux commandes. Et contrairement à ce que laisse croire la Bible, ils NE changent pas. Même avec des tonnes d’amour et d’empathie. impossible de remplir nom et Email

    Bien à vous.. Mélanippe

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