Richesse des prêtres et biens en commun (2/2)

L’Eglise et les prêtres en général sont riches, pourquoi ne mettent-ils pas leurs biens en commun et ne contribuent-ils pas aux besoins des séminaristes, de leurs confrères moins fortunés, à la gestion diocésaine (2/2)?

Nous comprenons que, puisque la question porte sur la mise en commun des biens, elle ne concerne pas ceux qui le font déjà, à savoir les moines et religieux. Elle ne concerne donc pas les biens des monastères et congrégations religieuses mais ceux des diocèses.

Partant de là, dire que « L’Eglise en général est riche » est difficile à soutenir. En France, les biens d’Eglise appartiennent à l’Etat depuis la Révolution, règles de propriétés qui ont été parachevées par la loi de 1905. Hormis les églises construites depuis – moins de 1000 sur 42 000 églises et chapelles – les bâtiments n’appartiennent pas à l’Eglise, pas plus que par conséquent, une bonne partie du patrimoine artistique (difficile de vendre un tableau de maître décroché dans son église monument classé !). On ne voit donc pas trop de quoi l’Eglise serait riche, d’autant plus qu’elle ne vit que de dons et du Denier de l’Eglise. Et comme la France est un pays plutôt riche, la Conférence des évêques de France est contributrice nette au Denier de St Pierre et d’autres aides pour financer des églises de pays pauvres, de chrétiens persécutés etc… Ce qui n’empêche pas plusieurs diocèses d’être en déficit. Cela, d’autant plus que le « modèle économique » affolerait n’importe quel contrôleur de gestion : davantage de prêtres âgés qui coûtent en termes de santé et de prévoyance, trop peu de jeunes prêtres en pleine santé pouvant prendre la relève, de plus en plus de missions à confier à des laïcs qu’il faut bien rémunérer… Ou qui seront bénévoles en fonction de leurs propres contraintes !

Les petites vidéos du diocèse de Dax ci-jointes illustrent bien les difficultés des diocèses, « en général », c’est-à-dire en dehors de quelques diocèses huppés : http://landes.catholique.fr/-Draw-my-Denier-

S’agissant des prêtres, ils sont rémunérés au SMIC. Nous ne comprenons pas trop ce qui permet de dire que « les prêtres en général sont riches » en étant Smicards. Certes, certains peuvent avoir des biens personnels de par leur milieu d’origine ou de leur vie professionnelle avant d’entrer au séminaire. Mais à part ces cas de beaux quartiers qui reflètent plutôt de l’entre-soi, nous conseillons aux lecteurs d’aller voir la réalité de ce que vivent les prêtres dans notre pays.

Des laïcs, même au SMIC, peuvent aussi avoir des biens personnels. Nous reposerons donc la même question qu’à l’article précédent. A partir du moment où l’Ecriture invite tous les chrétiens à être solidaires de leur Eglise, pourquoi ne contribuent-ils pas davantage à ses besoins ? Pourquoi ne mettent-ils pas leurs biens en commun s’ils y voient une façon de vivre plus pleinement l’Evangile ?

Richesse des prêtres et biens en commun (2/2)
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