Restes de l’Arche de Noé

Que pense l’Eglise des expéditions en Turquie (Ararat) qui auraient trouvé l’arche de Noé, avec photos et vidéos à l’appui; et si je ne me trompe pas, morceaux de bois qui auraient pu être examinés. A-t-elle un avis bien tranché là-dessus? Existe-t-il dans les nombreuses reliques, une ou des reliques qui ont un rapport avec l’arche de Noé? Merci pour votre réponse, et merci pour le travail que vous faites 😉 Que Dieu vous bénisse!

Non, elle se garde bien d’avoir un avis bien tranché là-dessus car de très nombreuses recherches sont en cours mais aucune n’est concluante. La plus sérieuse semble être celle de Navarra, lors de deux expéditions en 1952 et 1953 : il a ramené un morceau d’environ 1, 5 m d’une grande poutre en bois très dur, trouvée à plus de 4000 m d’altitude sur le massif des Ararat (car il y a plusieurs sommets entre 4000 et plus de 5000 m d’altitude). Plusieurs laboratoires ont daté cette poutre de 5000 à 4000 av. J.-C. mais un laboratoire américain de 400 à 500 après J.-C. ! Donc il y a un faisceau de présomptions positives mais aussi de sérieuses objections.

De nombreuses observations et même découvertes de masses de bois ont été faites depuis un siècle et demi. Mais elles sont gênées par la neige et les intempéries, sont souvent des photos prises de loin floues, des témoignages contestables et, surtout elles ne concordent pas quant au lieu où serait l’Arche : pour les uns, ce serait dans un lac gelé, pour d’autres dans un névé qui découvrirait une partie de l’Arche selon l’enneigement, côté turc, ou sur le versant arménien, voire en Iran. Une expédition de 2015 a même été proprement dupée avec les restes d’un bateau amené par leurs guides turcs depuis Trébizonde (actuelle Trabzond).

Si les morceaux ramenés par les explorateurs ne sont pas des reliques, au sens religieux du terme, car ils ne sont pas exposés à la vénération des fidèles, la cathédrale d’Etchmiadzine, le siège de l’Eglise apostolique arménienne en contient une. Un monastère de ce lieu en avait aussi mais a été détruit par un tremblement de terre au XIXe siècle.

L’Eglise catholique est toujours très prudente sur les reliques, qui ne sont de toute façon pas des dogmes du Magistère. Un fidèle n’est pas tenu d’y croire et elles sont exposées éventuellement à la vénération, mais comme aide à la prière et à la croissance spirituelle. Mais si des progrès scientifiques permettent d’en authentifier, elle en prend bien sûr bonne note et le fait savoir.