Réponse à réfutation juive du christianisme – Isaïe 53 (3/15)

Je me présente: un jeune de 19 ans qui se recherche spirituellement depuis ses 16 ans. J’ai besoin d’aide dans un aspect du christianisme qui me bloque dans ma progression spirituelle. C’est une question qui me gêne certes, mais c’est important pour moi. En fait, je connais des juifs qui m’ont envoyé un dossier contre les arguments chrétiens pour la messianité de Jésus, et comme je ne suis pas un expert, les arguments sont très convaincants et donc ça me bloque par rapport au christianisme. Est-ce que vous pourriez m’aider ? Voici le dossier: (il n’est pas très bien écrit, c’est un peu sous forme de brouillon mais tous les arguments sont bien intelligibles) : https://drive.google.com/folderview?id=1b-kTQcXRpqp5dql8SCV9p8Luk98pwsFl (3/15)

Sur la réfutation de l’interprétation chrétienne qui voit dans le Serviteur souffrant d’Is. 53, comme « type » du Christ, répondons aux arguments, qui sont très nombreux.

1° Les auteurs de cette fiche admettent eux-mêmes que le Talmud donne des interprétations contradictoires. L’interprétation chrétienne est donc, au minimum, possible, et n’a rien de farfelue. L’interprétation juive qu’ils donnent n’est qu’une option, et nous allons voir pourquoi elle est moins plausible.

2° De fait, le verset 3 (qu’ils ont soigneusement évité de mentionner) indique que le personnage est « muet » au singulier, et que « nous l‘avons méprisé ». Il n’est pas tenable de dire que cette personne est un collectif, le Peuple d’Israël, parce qu’alors, qui seraient le « nous ». Les nations païennes ? Mais ce ne sont pas les païens qui parlent en discours direct. Les nations pourraient à la rigueur être « ils ». Certainement pas « nous ».

Il est exact que le point d’interrogation n’existe pas en grec et hébreu. Mais les textes posent bien des questions à la forme interrogative. Le verset 8 est clairement une question, ce qui valide la traduction des Bibles chrétiennes.

3° A. Dire que Jésus n’a souffert que sur la Croix est complètement faux. Il est né dans des conditions précaires, a échappé à un massacre, fait un jeûne intégral de 40 jours, a vécu dans des conditions précaires ou, au minimum, inconfortables pendant son apostolat (cf. Mt 8, 20 : « Les renards ont des terriers, les oiseaux des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête »), dans un stress permanent d’être arrêté… Bref, plusieurs stresses et souffrances, à des degrés divers, pendant sa vie.

B. Reprocher à Jésus les quelques paroles pendant la Passion n’est pas sérieux. Il parle peu pendant les 15 ou 18 heures qu’elle dure et les Evangiles signalent expressément qu’Il finit par se taire pendant son procès devant le Sanhédrin (où Il se prend un soufflet quand Il parle), ne parle pas du tout devant Hérode, puis se tait rapidement devant Pilate.

C. La référence au Ps 44, 23 pour expliquer que la brebis d’Is 53, 9 est un collectif ne tient vraiment pas la route. Car, la brebis est bien un singulier en Is 53, 9 et un pluriel dans le psaume. Il est étonnant de présenter des arguments aussi peu solides et laborieux, si faciles à réfuter.

Le point D l’explique peut-être. Là, on entre dans la diffamation pure et simple et on sort complètement du débat rationnel. Car lorsque Jésus chasse les marchands du Temple, Il serait violent ? Quelle « fraude » et « injustice » commet-Il ? Au contraire, tout le sens de ce passage est qu’Il rétablit une justice et la décence dans le Temple. Pourquoi évoquer ce passage si on comprend le contraire de ce qu’il veut dire ?

Le point E. est vraiment de la gesticulation oratoire. Le verset d’Is ne prétend pas qu’il s’offre pour avoir une postérité, mais que c’est une conséquence. Ce qui est la stricte vérité quand on voit la fécondité spirituelle de Jésus-Christ

Idem en F. en ajoutant le fait que, justement, comme Il est ressuscité, oui, Il a de longs jours devant lui. Il a même l’éternité. Evidemment, l’interprétation chrétienne de ce passage ne se comprend qu’avec la foi en la Résurrection. Lorsqu’on n’y croit pas, on s’embarque dans les explications hasardeuses et fausses de nos amis

Et, s’agissant du point G. celui qui est mort de la façon la plus atroce et misérable qui soit, surpasse les plus grands. Son Royaume est éternel face aux empires qui disparaissent… Ou se convertissent.

4° Ben Ouziel peut bien dire ce qu’il veut. La mise en parallèle du texte de la Bible montre bien que tout ce passage est au singulier et que le targoum tord le texte pour en faire un pluriel. Nos amis ne pouvaient pas mieux se contredire.

5° Si « son tombeau a été donné aux méchants et aux riches », c’est bien que le Messie avait un tombeau. Donc qu’il meurt à un moment ou un autre. A moins de dire que le Serviteur souffrant d’Is 53 est immortel ? Mais le texte ne dit jamais cela et on nage alors dans l’absurde.

Réponse à réfutation juive du christianisme – Isaïe 53 (3/15)
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