Réponse à polémique juive contre le christianisme – Haine de Jésus (14/15)

Je me présente: un jeune de 19 ans qui se recherche spirituellement depuis ses 16 ans. J’ai besoin d’aide dans un aspect du christianisme qui me bloque dans ma progression spirituelle. C’est une question qui me gêne certes, mais c’est important pour moi. En fait, je connais des juifs qui m’ont envoyé un dossier contre les arguments chrétiens pour la messianité de Jésus, et comme je ne suis pas un expert, les arguments sont très convaincants et donc ça me bloque par rapport au christianisme. Est-ce que vous pourriez m’aider ? Voici le dossier: (il n’est pas très bien écrit, c’est un peu sous forme de brouillon mais tous les arguments sont bien intelligibles) : https://drive.google.com/folderview?id=1b-kTQcXRpqp5dql8SCV9p8Luk98pwsFl (14/15)

Nous aussi, nous disons « Merci Ornstein », tellement l’outrance de ses propos et ses erreurs continuelles disqualifient ses propos.

1° Sur la morale

Personne ne conteste que la morale chrétienne est fondée dans l’Ancien Testament, c’est même le cœur de la foi chrétienne : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé », nous dit le Christ en Mt 5, 17-18. De même qu’Il nous dit en Mt 23, 2-3 : « et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. ». Mais Il ajoute tout de suite : «  Mais n’agissez pas d’après leurs actes car ils disent et ne font pas. ». En outre, les commandements de Dt 6 et Lv 19 sur l’amour de Dieu et du prochain sont cités dans les Evangiles eux-mêmes, par exemple dans celui du Jeune homme riche (Mc 10). De qui l’argumentateur se moque-t-il en occultant que la référence à la Loi y est parfaitement claire ?

Autrement dit, la morale chrétienne a sa source dans la Loi juive. Son interprétation telle qu’en donne le christianisme, en revanche, ne va pas du tout de soi dans, au minimum, certains enseignements du judaïsme qui ont pignon sur rue. Que l’amour des ennemis soit en germe dans la Torah, certes. Que ce soit l’interprétation la plus courante dans le judaïsme, personne ne peut soutenir sérieusement cela. Quant au « tu haïras ton ennemi », il suffit de lire une Bible de Jérusalem pour voir en note de bas de page qu’il s’agit bien sûr d’interpréter ce verset comme « tu n’es pas obligé d’aimer ton ennemi ». Ce qui est incontestable.

Prétendre que « le prochain » est immédiatement et systématiquement élargi aux non-juifs dans le judaïsme est un mensonge. Quant à l’épisode de la Syro-phénicienne, l’argument relève de l’escroquerie. D’abord, la référence est fausse : il s’agit de Mc 7 et non 8. Ensuite, il suffit de lire le verset 29 pour voir que Jésus approuve totalement et exauce cette femme : « Alors Jésus lui dit : ‘A cause de cette réponse, tu peux retourner chez toi : l’esprit mauvais est sorti de ta fille.’ ».

Quant à dire que le Talmud ne s’est pas inspiré d’une religion rivale, c’est complètement faux au regard de la recherche actuelle. Cf. The Bodies of God de Sommer ou, surtout, Mourir pour Dieu, de Boyarin.

2° Le racisme et la haine

De la part de gens qui se lèvent tous les jours en remerciant Dieu de ne pas être un goy, ces remarques seraient risibles si elles n’étaient pas aussi haineuses. Nous indiquons en gras notre réponse:

  • Jean Baptiste insulte les autorités juives de « races de vipères », insultant par-là l’ensemble du peuple, car comme nous le savons, l’écrasante majorité les suivait. Pour quel motif cette insulte ? Ils s’étaient rendus à son baptême. (Matt. III, 7) => Justement, toute la recherche en sciences religieuses indique au contraire que les autorités en question étaient très contestées, divisé qu’était le judaïsme du Ier siècle entre factions antagonistes Saduccéens, Pharisiens, Esséniens, Zélotes, Hérodiens
  • Jésus condamne à des tourments atroces des villes entières pour ne pas avoir cru en lui (Matt. XI, 20-24)
    => Comme les oracles d’Isaïe, Jérémie, le Deuxième livre des Maccabées ou d’autres condamnent les royaumes et les groupes impies
  • Jésus déclare sans honte que celui qui n’est pas avec lui est contre lui (Matt. XII, 30). => Il dit aussi le contraire : « Qui
    n’est pas avec nous est pour nous » (Mc 9, 40). Encore faut-il avoir la jugeote pour interpréter ces versets dans leur contexte.
  • Jésus insulte une génération entière de « races de vipères » (Matt. XII, 34) => Que dire des imprécations des prophètes ? Des Proverbes, de la Sagesse de Salomon et leurs diatribes contre les impies ?
  • Jésus prend les païens pour des « petits chiens » (Matt. XV, 22-26)=> il faudrait changer de disque et lire la suite de l’épisode de la Cananéenne/Syrophénicienne jusqu’au bout, ainsi que nous l’avons précisé plus haut. C’est la foi de cette femme qui est valorisé et le salut qu’elle reçoit
  • Jésus qualifie et insulte une génération entière de « méchante » et d’« adultère » pour avoir demandé la preuve qu’il disait vrai (Matt. XVI, 1-4) => oui, comme les fils de Coré et autres Hébreux qui doutent au désert dans la Torah
  • Jésus blâme les Juifs qui vivaient alors pour « tout le sang innocent répandu sur la terre » d’Abel à Zacharie (Matt. XXIII, 35) => comme Osée ou Amos dénoncent les crimes de leur peuple
  • « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants! » (Matt. XXVI, 25) ce verset accuse le peuple juif tout entier de déicide et a été utilisé pour justifier leurs persécutions pendant vingt siècles => On ne peut reprocher à Jésus ce que les grands prêtres ont dit. Dans les Evangiles, les « Juifs » désignent toujours les autorités et non l’ensemble
    du Peuple, sauf précision particulière (comme « Le salut vient des Juifs » en Jn 4, 22) Quant à parler de persécutions, qui, dans les Actes, a lapidé Etienne, fait exécuter les deux Jacques et tenté de le faire avec Paul ? Comment justifier ces crimes?
  • La colère de Dieu demeure sur ceux qui ne reconnaissent pas la prophétie de Jésus (Jn III, 36) => C’est un peu le principe de toute la Bible, particulièrement la littérature prophétique. Qui ne suit pas les
    commandements de Dieu subit sa colère
  • Jean, avec son antisémitisme habituel, accuse le peuple juif tout entier d’avoir tenté de tuer Jésus en employant l’article défini généralisant : « les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir » (Jn V, 16) => L’argument est grotesque et aucun chercheur juif sérieux ne l’emploie plus depuis longtemps. Nous venons de le dire, Jean est juif, « Les Juifs » désignent chez lui les autorités hostiles à Jésus et c’est lui qui a écrit « Le salut vient des Juifs »
  • Jésus insulte les Juifs de fils de diable (Jn VIII, 44) => idem
  • Les Juifs (l’article défini généralisant est très important, comme mentionné plus haut) sont accusés de vouloir tuer Jésus (Jn XI, 8 ; Jn XIX, 7-12) => idem
  • Diabolisation des Juifs (Jn XIX, 38 ; Jn XIX, 38) => Nos amis se répètent. Idem
  • Jésus déclare que celui qui ne croit pas en lui sera jeté dans le feu (Jn XV, 6) => C’est le propre de
    toute la littérature juive apocalyptique et intertestamentaire : Daniel, 1 Hénoch, 2 Maccabées etc
  • Nous terminons par le récit des Actes des Apôtres => Parce que les Apôtres ne sont jamais persécutés par les autorités du Temple dans les Actes ? Comment justifier les maltraitances qu’ils subissent ?
  • Paul de Tarse déclare « dignes de mort » les « rebelles à leurs parents », les « fanfarons » et ceux dépourvus « d’affection naturelle », désignant ici les homosexuels (Rm I, 28-32). => Quand on voit tout le mal que professe la Loi juive contre l’homosexualité, depuis la Genèse en passant par le Lévitique, c’est vraiment l’Hôpital qui se moque de la charité.

3° Misogynie

Là aussi, des gens qui prient tous les matins en remerciant Dieu de ne pas être une femme sont plus que mal placés pour parler de misogynie chez d’autres, qui ont canonisé davantage de saintes que de saints.

  • I Co. XIV, 34 : « que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler; mais qu’elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi. » => Mais en 1 Co 11, 5, les femmes prophétisent. Cf. https://www.reponses-catholiques.fr/couverture-des-femmes-a-la-messe/pour une interpretation correcte de ce verset. Et, face à des gens qui interdisent aux femmes d’étudier la Torah et à prendre la parole à la synagogue dans des assemblées où elles sont reléguées derrière les hommes, ce n’est peut-être pas à ces dernières de se taire
  • I Co. XIV, 35 ; I Ti. II, 11 : « Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission » ; I Ti. II, 12 : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme; mais elle doit demeurer dans le silence. Si elles veulent s’instruire sur quelque chose, qu’elles interrogent leurs maris à la maison; car il est malséant à une femme de parler dans l’Eglise. » => idem. Parce que des femmes qui enseignent dans les yeshivot, ça
    court les rues ? Elles causent beaucoup devant toute l’assemblée, dans le service synagogal? Ou ne sont-elles pas plutôt traitées en inférieures, devant se placer derrière les hommes ou dans la tribune au dessus, là où elles peuvent parfaitement se mettre au premier rang, faire la lecture et donner la Communion à l’Eglise?
  • Éphé. V, 22-24 : « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, […].Or, de même que l’église est soumise à (Jésus), les femmes aussi doivent l’être à leurs maris en toutes choses=> Là aussi, il faudrait lire l’ensemble du passage pour dire moins de bêtises : « Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle » (Ep 5, 25).

 

 

Réponse à polémique juive contre le christianisme – Haine de Jésus (14/15)
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