Répondre sur le rapport Sauvé

Suite au rapport SAUVÉ, j’entends à nouveau cette litanie de mots de beaucoup qui disent “s’ils étaient mariés, les curés vivraient mieux et arrêteraient de violer des gosses.” Sans vouloir mettre de l’huile sur le feu, comment répondre à ces personnes là, dans le respect et dans la considération, particulièrement pour les victimes ? Que dire à ces personnes qui assènent de violents coups sur l’Église et les prêtres ?

Ce n’est pas le lieu sur ce site de commenter l’actualité, même de l’Eglise et plusieurs articles dans la presse, chrétienne ou non, analysent le rapport Sauvé, tout comme des conférences s’organisent dans les paroisses. Ce peut être des moyens de s’informer.

Nous noterons cependant que le rapport confirme ce que toutes les enquêtes sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise dans les pays occidentaux disent depuis des années (rapport Oko 2013, rapport du Grand jury de Pennsylvanie en 2015 etc) : 80% des victimes sont des garçons (contre 25% dans l’ensemble de la population), donc on ne voit pas en quoi le mariage des prêtres améliorerait les choses. Cela indique une fois de plus que les prédateurs ne semblent pas intéressés du tout par le mariage.

Le contre-argument invoquant un accès plus facile auprès de garçons que de filles ne tient pas : garçons et filles se confessent à un prêtre et, dans les années où le nombre de victimes a été le plus fort (la courbe du nombre de victimes estimées est descendante : 121000 de 1950 à 1969, 47500 de 1970 à 1990 et 48000 depuis, donc sur 30 ans au lieu de 20), les aumôniers étaient encore largement des prêtres, y compris pour les filles.

Ensuite, aucune institution n’a mené une enquête aussi fouillée sur le sujet en son sein mais il y a bien plus de victimes dont les agresseurs étaient mariés ou en couple dans d’autres lieux que l’Eglise catholique: 4% des cas dans l’Eglise, si on prend les estimations du rapport Sauvé (qui ne sont, rappelons-le, que des estimations. Seuls 243 victimes ont été interrogées et 7500 formellement identifiées. Le chiffre de 216 000 proviendrait d’un sondage Inserm. Il sera intéressant de pouvoir lire la totalité du rapport et voir sa méthodologie), contre 7,5% de cas dans la famille, par exemple.

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Commentaires

  1. Damien georges

    Mille mercis à Mgr Pontier qui nous a mis dans la… mélasse sans aucune garantie d’impartialité avec cette Commission entièrement à charge contre l’église catholique, sans possibilité de recuser les membres les plus susceptibles de partialité, sans déclaration de conflit ” d’intérêts”, sans contre enquête sans vérification des chiffres annoncés. Bref, merci a celui qui a organisé cette iniquité

  2. Gérard

    Bien entendu, parmi toutes ces victimes, aucun faux témoignage ne peut être imaginé. Notre société, qui a inventé le prétendu “mariage pour tous”, promu l’avortement à échelle industrielle, continue avec la PMA et va continuer avec la GPA, ne comprend, parmi les pédophiles, que des prêtres catholiques, peut donc se draper sans vergogne dans les oripaux de sa bien-pensance qui ne connaît le mal que s’il se réclame de Jésus-Christ. Heureusement que M. Sauvé, franc-maçon notoire, est là pour jeter la première pierre à notre Eglise.

  3. Damien Georges

    Tout le sacerdoce catholique de France est stigmatisé dans ce “rapport” dont les résultats ne sont que des fabrications statistiques, avec lesquels on devrait fournir des fourchettes. Alors on se rappellera le Procès de Nuremberg qui a jugé les dignitaires du régime nazi, et n’a trouvé qu’une quarantaine de prévenus, dont au moins trois ont été acquittés. Si la CIASE avait opéré en Allemagne à cette époque, il aurait fallu juger et condamner des millions d’allemand!
    Alors il faut rappeler que la justice condamné des personnes sur DES ACTES, et non pas des personnes sur des statistiques.Le rapport Sauvé en entier est un non-sens complet et les catholiques, sans nier des faits condamnables, sont en droit de le rejeter en entier !!!

  4. Damien Georges

    l’INSERM qui a réalisé ces “statistiques pourrait être attaqué en justice s’il s’avère que l’outil statistique utilisé était non adapté. Alors il y aurait eu déficience dans le rôle de conseiller.
    L’unité de base dans l’église est le diocèse ! Voici comment on eu pû operer
    – TIrer au hasard une certain nombre de diocèses de moins de 250.000 habitant, puis d’autres entre 250.000 et 500.000, puis entre 500.000 et un million d’habitants…et enquêter sur les cas concrets avérés, et sur les cas possibles ou probables. Et par une simple péréquation, on serait arrivé a des chiffres crédibles, proches de la réalité pour l’ensemble de la France !!!
    Mais Mr Sauvé n’a peut-être pas une grande culture mathématique et statistique. Et sa grosse commission non plus !!! Et Mgr Pontier non plus…

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