Religiosité populaire (1/3)

J’ai l’esprit d’escalier. Je reviens pour déplorer que vous sembliez n’entendre le mot « populaire » qu’avec l’oreille écornée par la lutte des classes, donc péjorativement. Et dans ma réponse que vous commentez au compte-gouttes, je n’en parle pas. Comment pouvez-vous reprocher à l’Eglise catholique – donc à la doctrine chrétienne – je vous cite une spiritualité hautaine méprisant toute forme de piété populaire? Ignorez-vous les innombrables saints béatifiés qui furent bergers, bergères, agriculteurs, jardiniers, cordonniers, mendiants et autres pauvres paysans dont l’unique richesse consistait en leur vertu?  (1/3)

Notre réponse permettra, nous l’espérons, de lever un certain nombre d’incompréhensions et de confusions. Nous la subdivisons en 3 pour répondre à des thèmes différents de la question. Pour commencer, dans notre article « Quantité et qualité » (https://www.reponses-catholiques.fr/2614-2/), nous employons le terme de « populaire », justement dans un sens positif et non péjoratif. Quant à la lutte des classes, nous non plus, nous n’en parlons pas.

Que certains dans l’Eglise post-conciliaire aient eu « une spiritualité hautaine méprisant toute forme de piété populaire », c’est un constat fait par le Pape François lui-même. Dans sa visite au sanctuaire d’Aparecida, il a largement évoqué sa dévotion à Marie qui défait les nœuds et promu cette forme de prière. Dieu sait qu’elle a été critiquée par un courant intellectualiste dans l’Eglise et qu’elle est encore fortement contestée.

En France même, plusieurs évêques ont relancé des formes de dévotion populaire abandonnés sous prétexte d’être des relents de superstition : lieux d’apparition, processions, pardons, neuvaines etc. Par exemple, les Rogations du Limousin ont quasiment disparu dans la deuxième moitié du XXe siècle avant de renaitre plus récemment. Notre Dame du Laus a été sortie de l’oubli dans les années 90 à peine.

Le Renouveau charismatique a joué un grand rôle pour relancer des pratiques qui s’effaçaient du paysage catholique, parfois depuis le XIXe siècle, comme l’adoration eucharistique ou les prières de guérison. Combien de paroisses ne se sont remises à organiser des cérémonies de sacrement des malades que récemment et à la forte demande de fidèles qui, il faut bien le dire, ne sont pas des bobos aisés et surdiplômés ? Ou des chemins de croix dans la rue le Vendredi saint ? Depuis quand le pèlerinage fluvial de l’Assomption est réapparu à Paris ? Depuis à peine 2003.

 

 

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