Religion et handicap mental

Le Pape Jean-Paul II avec le Professeur Jérôme Lejeune, découvreur de la trisomie 21

Le Pape Jean-Paul II avec le Professeur Jérôme Lejeune, découvreur de la trisomie 21

Question: Je voudrais savoir ce que dit la religion sur le handicap mental (trisomie, autisme et bien d’autres). Comment peut-il être accepté par Notre Seigneur?

Tout être humain est créé à l’image de Dieu, comme la Bible le dit dès le premier chapitre de la Genèse, au verset 27. TOUT être humain, quel qu’il soit et quels que soient ses talents, qualités et capacités. Cela est naturellement vrai pour les personnes handicapées.

Certes, la vie concrète fait que des prescriptions religieuses peuvent les concerner spécifiquement pour des raisons pratiques. Les prêtres de l’Ancien Testament devaient être sans aucun handicap mental ni défaut physique et la prêtrise ou un certain nombre d’ordres religieux peuvent ne pas être ouverts à des personnes touchées par certains handicaps. L’idée est que les candidats puissent assurer leur ministère très chargé, ou vivre la Règle de leur ordre, parfois très dure (manque de sommeil, jeûnes répétés, etc). Des problèmes de santé – donc beaucoup plus largement qu’un handicap – peuvent être des empêchements. Cela n’empêche pas un ordre comme les Petites Sœurs disciples de l’Agneau de recevoir plusieurs religieuses trisomiques ou porteuses d’un autre handicap.

Mais la plupart des gens ne sont pas appelés à la vie religieuse. Pour la plupart des personnes concernées, l’Eglise a toujours appelé au plus grand respect et à la plus grande bienveillance à leur égard et, très tôt, les œuvres de charité les ont prises en charge. Un lointain héritier de ces premières congrégations dévouées aux personnes handicapées, par exemple, l’Arche, va plus loin : des personnes adultes atteintes de handicap mental trisomie, autisme, etc) et d’autres qu’ n’en sont pas atteintes vivent ensemble, les bien-portantes prenant soin des autres comme dans une famille. Chacun a un service à la mesure de ses capacités et les personnes en situation de handicap contribuent donc au bien commun. Des personnes valides et d’autres qui le sont moins  – ou pas du tout – vivent donc ensemble 24 heures sur 24, mangent ensemble, jouent ensemble, partent en vacances ensemble, prient ensemble. Le cheminement spirituel est particulièrement bien construit car chacun est, comme dit au début, pleinement enfant de Dieu : des personnes handicapées participent à l’Eucharistie, certains sont servants d’autel, plusieurs reçoivent les sacrements, comme la première Communion ou la Confirmation. On pourrait citer bien d’autres initiatives, comme Foi et lumière.

Notons d’ailleurs que le respect absolu dû à la personne handicapée comme enfant de Dieu lui est dû dès sa conception. D’où l’opposition ferme et deux fois millénaire de l’Eglise à l’avortement  ou l’infanticide précoce des personnes handicapées.

Cet engagement des chrétiens s’enracine bien sûr dans l’exemple du Christ accueillant les plus petits et les plus blessés. Le Christ, en effet,

– explique bien que la personne handicapée ou malade ne porte pas plus de péché qu’une personne valide (guérison de l’aveugle-né, Jn 9, 3);

– montre qu’une personne atteinte de la pire des maladies doit être respectée, y compris en tant que fidèle (guérison des lépreux);

– guérit ceux atteints de handicap mental ou maladie psychique (les Anciens ne faisaient pas bien la distinction) qu’il rencontre : guérison du Gérasénien, de l’enfant épileptique.

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