Réfuter les erreurs (2/2)

On les connait [les erreurs du marxisme] lorsqu’elles se montrent, nul besoin de les avoir étudiées. On y refroidit sa foi, quand on ne la perd pas tout bonnement. (2/2)

St Irénée au IIe siècle réfute les hérésies gnostiques dans Contre les hérésies, ce qui implique qu’il les connaisse. Il expose d’abord leur doctrine de façon très détaillée, pour en montrer l’incohérence, ce qui suppose qu’il a bien dû les étudier de façon approfondie pour les comprendre et trouver leurs failles.

De même, Origène a bien dû lire au IIe siècle le pamphlet anti-chrétien Discours véritable contre les chrétiens de Celse pour écrire Contre Celse. Le contenu de l’ouvrage de Celse ne nous est d’ailleurs connu que par les larges citations qu’en fait Origène. St Augustin aux IVe-Ve siècle propose à un évêque donatiste qu’il combat que chacun lise mutuellement en chaire la lettre de l’autre pour susciter un vrai débat et éclairer les fidèles avec des arguments précis et fondés. St Jean Damascène au VIIIe s. connait bien le Coran dans sa Controverse entre un musulman et un chrétien. On pourrait multiplier les exemples dans l’Histoire de l’Eglise où des théologiens, des évêques ou des Papes ont condamné des hérésies et des erreurs en citant rigoureusement leurs adversaires dans des débats contradictoires de très haute tenue intellectuelle.

On pourrait examiner l’inverse en relisant avec profit le texte magnifique, mais douloureux, de Pascal dans les Provinciales : la condamnation de Jansénius sur la base de propos qu’il n’a jamais tenu. Ou, dans un cas plus positif, comment les textes de St Thérèse d’Avila et St Ignace de Loyola ont été examinés avec soin pour en lever les soupçons d’hérésie.

Bref, écrire qu’on peut connaitre des erreurs sans les avoir étudiées est un non-sens intellectuel. Ce n’est aussi, tout simplement, pas catholique.

Quant à refroidir sa foi parce qu’on lit des textes erronés, cela montre surtout que cette foi est bien fragile. Cela a donc deux conséquences, l’une théologique, l’autre spirituelle.

– Tout le monde ne peut pas tenir un débat contre le marxisme en ayant lu tout Marx ou contre n’importe quelle erreur. Mais c’est de la responsabilité de chaque chrétien de se former à l’intelligence de sa propre foi et de lire les textes adéquats pour comprendre pourquoi certaines doctrines sont dites fausses par l’Eglise. Au minimum en lisant l’argumentation d’auteurs chrétiens contre ces idéologies. S’agissant du marxisme, Divini redemptoris de Pie XI est un début. Les paragraphes 8 à 14 résument, non seulement la pensée de Marx, mais aussi son interprétation par les Bolchéviques qui « prétendent en détenir la seule interprétation authentique »

– Ce que la question montre en creux, c’est un manque d’enracinement de la foi, vulnérable face aux fausses doctrines et idéologies. Outre un sérieux approfondissement de l’intelligence de la foi, deux façons, non optionnelles permettent de la fortifier : une vie de prière et sacramentelle quotidiennes.

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