Refuser la communion réelle pour la virtuelle

Puisque qu’il n’y a qu’un seul Dieu et que Dieu est déjà en nous, que nous apporte de plus la communion avec l’hostie? On ne peut recevoir Dieu 2 fois. Je préfère faire une communion spirituelle en reprenant contact avec la présence de Dieu qui est déjà là en moi.

Chacun est libre de préférer ce qu’il veut mais, refuser délibérément les sacrements quand on peut y avoir accès, ça n’a juste rien à voir avec la foi catholique. Surtout pour propager des erreurs.

Car, « On ne peut recevoir Dieu 2 fois » ? Qui a dit ça ? Certes, par exemple, on ne peut être baptisé ou confirmé qu’une fois. Mais on peut recevoir Dieu autant de fois que nécessaire, que ce soit dans l’Eucharistie, la Réconciliation, la prière, la lecture de la Parole de Dieu, une expérience spirituelle fortuite. « Il est venu pour que nous ayons la vie, et que nous l’ayons en abondance » (Jn 10, 10). Dieu se donne à nous en abondance.

« Dieu est déjà en nous » ? Pas si sûr. Les chrétiens ont reçu l’Esprit-Saint au Baptême et les catholiques et orthodoxes ont renouvelé son don à la Confirmation. Mais à part ça, la présence de Dieu en nous peut parfaitement être bien enterrée ou « dormante ». C’est le cas de tout athée baptisé.

Ensuite, Dieu est Trinité. Certes, nous avons reçu l’Esprit-Saint au Baptême. Mais on n’a Jésus en soi que si on le laisse entrer, comme Il le dit lui-même (Ap 3, 20). Il n’y est pas si automatiquement que cela. Quant au Père, il est possible de l’avoir en soi, St Jean le dit aussi (Jn 14, 23). Mais c’est une grâce mystique très rare, que seuls quelques grands spirituels ont pu avoir, comme Ste Thérèse d’Avila, Marie de l’Incarnation (Guyart). Donc, « avoir Dieu en soi », prudence.

Ensuite, nous sommes des êtres humains, de chair et de sang. Nous croyons en un Dieu qui s’est fait, lui aussi, chair et sang. C’est-à-dire un Dieu qui se donne dans le pain et le vin consacrés, dans l’Eucharistie. Recevoir la Sainte Hostie, c’est-à-dire Jésus lui-même, c’est un commandement qu’Il nous donne (« Prenez et mangez en tous « c’est un impératif). On ne peut pas avoir « Jésus [– c’est-à-dire Dieu –] en soi » et refuser qu’Il vienne dans les Saintes espèces. La communion, c’est la façon dont Jésus a pris acte que nous sommes des êtres incarnés et de se donner à nous de façon très concrète, très physique. Lors de la dernière Cène, il a fait un repas, pas un apéro-Zoom.

C’est pourquoi l’Eglise catholique commande – là aussi, c’est un engagement à prendre – de communier au moins le dimanche et aux grandes fêtes solennisées, et plus souvent si possible, pourquoi pas tous les jours. Bien sûr, le Pape François l’a rappelé pendant le confinement lié à la crise sanitaire du coronavirus, on peut être empêché de communier et, à ce moment-là, le Pape a recommandé la communion spirituelle. Tous les prisonniers, tous les malades, les personnes vivant dans des régions sans prêtres ou victimes de la persécution et tous les catholiques confinés le savent : parfois, on ne peut pas aller à la messe et communier. Mais quand on peut ?

En outre, être catholique, c’est être membre d’une assemblée, une ecclesia. Aller à la messe, c’est le minimum de base pour faire communauté car personne ne reste chrétien très longtemps tout seul. C’est aussi se mobiliser avec son corps autant que son âme, pour suivre le Christ qui s’est donné à nous corps et âme. Ce n’est certainement pas se faire sa petite religion virtuelle perso.

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