Refuser de communier à la main et regarder une messe en visio?

Depuis le début des restrictions, mon vicaire donne la communion dans la main – ce que je refuse- mais il accepte de la donner après la messe à la sacristie sur la langue. Depuis le 1ér mars, son curé a interdit cette pratique (sur la langue) donc ne pouvant communier, je regarde la messe sur internet dans une église qui la donne sur la langue. Mon épouse me désapprouve… Merci pour votre conseil.

Chaque prêtre se débrouille comme il peut avec sa pastorale et nous n’avons pas à juger des actes du vicaire qui donnait la communion à la sacristie, ni du curé qui l’a interdit. Mais nous sommes bien d’accord avec l’épouse de l’auteur de la question, car nous avons déjà répondu à une situation quasi-identique : Refuser la communion réelle pour la virtuelle — Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr)

Comme expliqué dans cet article, la communion est un acte physique, on mange. C’est aussi un acte communautaire, c’est le sens même du mot « communion ». Donc regarder la messe à la télévision ou en ligne quand on pourrait y aller n’est pas acceptable. Cela va directement à l’encontre des commandements de l’Eglise. Mais communier en lose-D à la sacristie alors que l’Eucharistie, comme tous les sacrements, est un acte public et qu’on peut le faire en toute sécurité, n’était pas beaucoup mieux. N’est-ce d’ailleurs pas un manque de charité vis-à-vis des frères chrétiens de cette paroisse que de ne pas participer pleinement à l’Eucharistie avec eux?

Et quid de la charité vis-à-vis du prêtre, qui risque ainsi bien plus de se faire contaminer, et d’en contaminer d’autres par la suite?

Pire, sur le plan théologique, comment prétendre confesser la foi au Christ tout en refusant Jésus-Hostie alors qu’on peut et doit communier tous les dimanches? En outre, le mode de communion qui est proposé en ce temps de crise sanitaire est théologiquement valide et licite. Où est, alors, la fidélité au Magistère de l’Eglise si on rejette son Enseignement sur quelque chose d’aussi décisif que l’Eucharistie? Nous ne voyons aucune raison de justifier de ne pas communier dans les conditions actuelles.

En ce temps de Triduum pascal qui vient, que le lecteur se place en adoration eucharistique au reposoir le Jeudi Saint, ou au pied de la Croix le Vendredi Saint :

  • Qu’il médite alors sur ce que le Christ a souffert pour nous dans sa Passion, après s’être donné sous la forme du pain et du vin consacrés, pour qu’on puisse vivre de sa vie divine ;
  • Qu’il pense à tous ceux qui ne peuvent communier du fait de la maladie ou des persécutions ;
  • Ainsi qu’à tous ceux qui ont célébré la messe et ont communié clandestinement dans les sacristies pendant les deux premiers confinements, mais pour non pour diviser l’Eglise : au contraire, pour continuer à faire vivre sa foi malgré les menaces de répressions iniques des pouvoirs publics
  • Enfin, qu’il soit en union de prière avec tous les catholiques dans le monde qui ne pourront pas célébrer la Semaine sainte du fait d’interdictions sanitaires, comme aux Philippines.

Puisse l’union au Christ et à son Eglise habiter chacun d’entre nous.

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Commentaires

  1. Olivier

    Communier chaque dimanche n’est pas un devoir. Le seul devoir est de communier au moins une fois par an.
    Can. 920 – § 1. Tout fidèle, après avoir été initié à la très sainte Eucharistie, est tenu par l’obligation de recevoir la sainte communion au moins une fois l’an.

    Ce monsieur peut donc très bien se rendre à la messe sans recevoir la sainte communion. Même si la communion dans la main est valide et licite, il n’y a pas d’obligation de la pratiquer.

    Si on n’a plus le droit de se serrer la main, c’est aussi que le virus se transmet aisément par ce contact. Il n’est pas dit alors que ce mode de communion soit aussi sûr que vous le laissez entendre.

    Et une réponse intéressante :
    https://www.google.com/amp/s/fr.aleteia.org/2020/09/04/dans-la-main-ou-dans-la-bouche-comment-communier-en-temps-de-covid/amp

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