Qui est mon prochain?

bon samaritain

Question: “Aime ton prochain comme toi même.” Qui est mon prochain ? Les réfugiés sont-ils mon prochain ? Et si l’un d’eux devient mon voisin ?

Le Christ répond très clairement dans la Parabole du Bon Samaritain (Lc 10, 25-37). Tout homme est mon prochain, particulièrement celui dans la détresse. C’est une constante de l’enseignement de l’Eglise et de son action que de venir en aide à tous ceux qui en ont besoin, sans distinction ethnique, religieuse, sociale, sexuelle, politique… Déjà, lors des persécutions de la fin du Ier siècle ap. J.-C. et au début du IIe s. sous Septime Sévère, des conversions massives au christianisme ont eu lieu malgré les risques. Les gens étaient frappés par la solidarité entre chrétiens, mais déjà à l’époque, cette charité s’exerçait également vis-à-vis des païens dans le besoin : cantines, vestiaires, œuvres de pompes funèbres pour enterrer les morts pauvres, y compris victimes d’épidémies de peste etc.

Dans le cadre de l’année jubilaire de la Miséricorde, le Pape François a rappelé les oeuvres de la miséricorde,  7 corporelles…

1) donner à manger à ceux qui ont faim,
2) donner à boire à ceux qui ont soif,
3) vêtir ceux qui sont nus.
4) accueillir les étrangers,
5) visiter les malades,
6) visiter les prisonniers,
7) ensevelir les morts.

… Et 7 spirituelles:

1) conseiller ceux qui sont dans le doute,
2) instruire les ignorants,
3) exhorter les pécheurs,
4) consoler les affligés,
5) pardonner les offenses,
6) supporter patiemment les défauts des autres,
7) prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

Il est évident que les réfugiés ont souvent besoin de ces actions et qu’il convient donc de les leur proposer. Mais cela est vrai pour les voisins ou toute autre personne en détresse. Rappelons que dans le récit du Jugement dernier en Mt 25, 31-46, le Christ considère qu’en agissant ainsi vis-à-vis « d’un de ces plus petits qui sont mes frères », « c’est à [Lui] que vous l’avez fait ».

Agir ainsi vis-à-vis de son prochain, et donc l’aimer en acte, n’empêche pas cependant, ni le discernement pour faire ce qu’on peut réellement et ne pas être inefficace, ni « l’option préférentielle pour les pauvres » (Concile de Vatican II) lorsqu’on ne peut aider tout le monde et qu’il faut prioriser des personnes, ni bien sûr la légitime défense en cas d’agression ou d’abus. Ainsi, parmi les réfugiés, des minorités religieuses victimes de génocide peuvent légitimement être priorisées par rapport à d’autres personnes moins exposées.

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