Qui décide?

@l’auteur, sans volonté de polémiquer: “chacun a le droit de communier selon ce qu’il souhaite” VS “il arrive que le célébrant impose une forme pour des raisons particulières”. Ces deux assertions s’opposent et je déduis que le prêtre n’a pas la compétence pour imposer quoique ce soit ici, ou il faut m’apprendre la hiérarchie des normes dans l’Eglise. “Une conférence épiscopale n’outrepasse par conséquent pas son rôle en décidant de mesures temporaires en raison d’une crise sanitaire.” Je vous saurai gré de préciser ceci, je ne vois pas à quoi peut bien servir la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements si les conférences épiscopales peuvent modifier cette discipline, même temporairement. Le Vatican aussi a été pris par le virus, ils sont donc au courant, et pourtant la Congrégation n’a pas précisé ce point. Qui décide ? Je me permets une remarque générale : vos articles sont assez souvent violents et gagnerais à plus douceur, sans forcément toucher au fond. Vous vous présentez comme `Réponses Catholiques`, soit comme une voie d’autorité dans l’Eglise. Il ne me semble pas bon de faire autant preuve d’audace que vous le faites, eg: – “par révolte contre l’Eglise” -> vous n’avez pas la compétence pour le déduire, je serai l’auteur de la question, j’hésiterais avant de vous en reposer une. – “Ca n’a pas grand-chose à voir avec la foi catholique”: j’ai lu de ci/de là des propositions faites en chair de communier ainsi. Réglez cette question avec vos frères avant de prendre des positions si tranchées, ça fait vraiment désordre (je peux vous faire parvenir la retranscription du sermon en question).

Ce commentaire de notre article https://www.reponses-catholiques.fr/refuser-de-communier-a-la-main-du-fait-de-la-crise-sanitaire/ comporte une question importante et soulève plusieurs thèmes qui le sont également, donc il est tout aussi important que nous y répondions au mieux. Nous aborderons par ordre d’importance croissante 1° la forme, 2° l’autorité, 3° le fond de l’article commenté.

1° L’auteur nous explique ne pas vouloir polémiquer, mais des questions polémiques, nous en recevons beaucoup. Nous y répondons donc et, comme le dit l’Ecriture, « Je vomis les tièdes » (Ap 3, 16). Nous récusons cependant l’accusation de violence, ou alors c’est l’Ecriture et la Tradition catholique qui le sont. Elle n’est fondée sur rien : quels seraient les propos manquant à la politesse, à la bienséance ou aux lois sur les propos en ligne de ce pays ? Nos articles s’inscrivent dans le cadre de la disputatio théologique et, la disputatio, quand on lit la Bible, qu’on lit Tertullien, St Irénée, St Jean Damascène ou même des laïcs tels que Pascal, elle ne fait pas dans le consensuel, ni dans la « com’ ». On reproche souvent aux catholiques d’être trop timorés face aux attaques contre l’Eglise et notre foi, voilà ce que nous cherchons à éviter.

Si l’auteur de la question de https://www.reponses-catholiques.fr/refuser-de-communier-a-la-main-du-fait-de-la-crise-sanitaire/ ne souhaite plus nous poser de questions, nous en serions navrés. Ce n’est pas le cas de tous ceux qui sont en désaccord avec nous. Certains nous relancent pour nous contredire, le record étant pour l’instant de 15 questions se suivant en désaccord profond avec nos réponses. De plus, nous recevons de nombreuses questions et, Dieu merci, des retours très positifs sur notre travail. Certains nous remercient pour la « spontanéité » de notre style. Nous saisissons cette occasion pour remercier nos lecteurs de leur fidélité et leur rappeler que, bien que bénévoles donc pris par d’autres occupations, nous nous efforçons de répondre dans un délai raisonnable.

2° Venons-en à la question de l’autorité. Contrairement à ce qu’affirme la question, notre site est clair et nous avons déjà plusieurs fois répondu à cette question : notre site a été fondé par des laïcs, ce n’est pas un site de l’Eglise catholique et il ne prétend à aucune autorité dans l’Eglise. Toutes sortes d’états de vie ont pu être représentées parmi les différentes générations de rédacteurs : laïcs, prêtre, séminariste, vierge consacrée… Nous avons toujours dit que notre site n’a ni vocation pastorale, ni d’accompagnement spirituel. Le lecteur attentif aura d’ailleurs noté que nous encourageons souvent nos lecteurs à consulter un prêtre ou à rencontrer un accompagnateur spirituel.

En revanche, nous avons les qualifications canoniques pour répondre aux questions sur le plan théologique, et c’est ce que nous faisons. Ajoutons que nous nous soumettons humblement au jugement de l’Eglise si nous commettons des erreurs. Par exemple, les compilations d’articles de notre rédactrice Marcienne ont reçu le nihil obstat et l’imprimatur de son diocèse et elle a tenu compte des corrections des pères censeurs. Donc, oui, lorsqu’il y a révolte contre le Magistère ordinaire de l’Eglise, nous avons autorité pour le dire.

Faisons, par conséquent, un peu de théologie sur la hiérarchie des normes : « Qui décide ? » En premier lieu, un Concile œcuménique, puis le Pape, assisté éventuellement par la Curie (donc la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements), l’évêque, les personnes à qui il délègue son autorité telles que le curé d’une paroisse ou des laïcs en mission ecclésiale. Les textes permettant de dégager des normes sont, par ordre décroissant d’autorité, l’Ecriture, le Magistère extraordinaire, le Magistère ordinaire, des décisions de l’évêque, des décisions de personnes à qui il délègue son autorité telles que le curé d’une paroisse ou des laïcs en mission ecclésiale.

3° Il en résulte que, si une conférence épiscopale décide de prendre des mesures sanitaires temporaires pour se conformer à la loi, tout en permettant d’administrer validement et licitement les Sacrements, elle a autorité pour le faire. Les opinions contraires d’un prêtre ou d’un fidèle sont alors – nous sommes bien d’accord avec l’auteur de la question sur ce point – facteurs de désordre. Qu’un prêtre proclame en « chaire » (et non « chair ». On dira peut-être que nous polémiquons mais il nous semble important de contribuer à diffuser une culture catholique) le contraire de ce que dit son évêque, c’est, quoiqu’en dise l’auteur de la question, une révolte.

Quant au St Siège, nous n’avons connaissance d’aucun texte ou déclaration qui infirmerait les décisions de la CEF pour gérer la crise sanitaire. Pas plus que nous avons eu vent de critiques de leur part quand il a été imposé à tout le monde aux JMJ de communier à la bouche. C’est le principe de subsidiarité, notion chrétienne, qui joue. On peut trouver que c’est incohérent mais c’est alors aux organisateurs des JMJ qu’il faut le faire savoir.

Enfin, sur les mouchoirs blancs, nous n’avons, à l’inverse, connaissance d’aucun texte qui préconise leur usage par les fidèles dans le rituel de communion. Donc, ils peuvent peut-être aider des fidèles à surmonter leur blocage, c’est possible. Mais ils n’ont pas de sens liturgique.