Qui baptise ?

Je résume la question un peu longue d’un correspondant qui se présente comme un confrère.

Il me semblait que la question était réglée depuis le IIIème ou le IVème siècle, à la suite de la dispute sur la validité des sacrements conférés par des personnes qui avaient « trahi » pendant les persécutions ou par les membres des communautés chrétiennes dissidentes (il y en avait déjà !). La conclusion était, et demeure, la suivante : « le sacrement n’est pas réalisé par la justice de l’homme qui le donne ou le reçoit, mais par la puissance de Dieu » (saint Thomas, cité par le Catéchisme, n. 1128).

L’Église croit donc, en particulier à propos du baptême, en cause dans la question de mon correspondant, qu’à partir du moment où celui qui baptise a l’intention « de faire ce que fait l’Église et applique la formule baptismale trinitaire » (id., n. 1256), le baptême vient de Dieu. La personne de l’officiant peut changer, sa valeur morale ou la solidité de sa foi peuvent varier, le don de Dieu opère réellement et automatiquement.

Ceci posé, et les Pères n’ont pas manqué de le souligner dès le début, un sacrement peut exister et avoir la validité technique sans que, pour autant, celui qui l’a reçu obtienne la grâce qui lui appartient normalement. S’il n’est pas dans l’Église, à cause de son péché ou de sa séparation, la grâce ne pourra agir en lui. On utilise souvent pour expliquer cela la métaphore de la semence. Celle contient un « pouvoir » de germination et, à terme, celui de produire la plante. Mais, si les conditions favorables à cela ne lui sont pas offertes, elle restera au mieux stérile.

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

Qui baptise ?
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