Qu’est ce qui disparait dans des hosties consacrées détruites?

Bien que de confession protestante, je me pose une question réelle. L’incendie de ND de Paris m’y a fait encore repenser: ma question est donc: En cas d’incendie ou d’effondrement d’une église Catholique, que deviennent le ciboire et les hosties consacrées? A quel moment “disparaît” la Présence Divine? Veuillez bien excuser ma curieuse question de la part d’un chrétien non-catholique, mais cette demande est faite avec respect et sérieux.

C’est une question assez difficile et tous les théologiens ne seraient sans doute pas d’accord, vu la profondeur du mystère de la Présence réelle dans l’Eucharistie. Mystère pas facile à aborder, au point que certaines églises protestantes n’y croient pas… Mais ce n’est pas pour cela qu’on ne peut rien en dire.

Si des saintes espèces consacrées sont détruites, que ce soit par accident ou volontairement, il y a bien quelque chose de l’incarnation du Christ qui est détruite. Le Christ s’est livré pour nous, c’est à prendre au sérieux. C’est-à-dire qu’Il court le risque d’être annihilé dans la forme dans laquelle Il se donne à nous. Tout comme, sur la Croix, Il est mort, et bien mort. C’est pourquoi profaner des saintes espèces consacrées n’est guère moins grave que de crucifier Jésus. Ca n’a rien d’anodin et on ne peut le minimiser sous prétexte que Dieu est tout puissant et que le mal ne peut l’atteindre. Oui, le mal peut l’atteindre, et même le détruire, c’est cela croire sérieusement à la Trinité.

Cela n’empêche pas sa toute-puissance et sa victoire sur la mort. Mais le Christ traverse la mort, Il ne l’évite pas. C’est le sens de Pâques. Dès qu’une consécration aura à nouveau lieu quelque part, sa Présence réelle reviendra, mais elle n’aura pas perduré, du moins dans cet état-là d’hosties et/ou de vin, si elle a été détruite préalablement.

Un Protestant peut bien comprendre ce qui se joue en se référant à l’Ancien Testament. La Gloire de Dieu descend physiquement dans le Saint des saints de la Tente de la Rencontre, puis dans le Temple de Jérusalem. Ce n’est pas une présence symbolique mais bien réelle… Et elle quitte le Temple dans le Livre d’Ezéchiel, lorsque le Temple est détruit par les Babyloniens, très concrètement. C’est un phénomène analogue qui a lieu dans tous les petits tabernacles de la Terre, tout comme dans le Tabernacle du Temple.

Ce qui donne une grande responsabilité à l’homme : si les messes ne sont plus célébrées, la Présence physique de Dieu disparait. On peut rencontrer Dieu dans son cœur, dans la Parole de la Bible, dans les autres sacrements, dans les rencontres et les événements. Mais le Saint sacrifice de la messe nous permet tout simplement d’avoir accès à lui d’une façon concrète. C’est bien la grâce qu’Il nous fait.