Quelles sources bibliques à la dévotion aux reliques ? (1/2)

J’ai quelques questions concernant la vénération des reliques : 1) Tout d’abord, je ne doute pas de la véracité de la pratique, mais quelles sont les sources bibliques encourageant cette pratique ? 2) Pour certaines reliques, l’authenticité n’est pas toujours très fiable et parfois pas forcément attestée (les clous de la Sainte Croix, morceau de la Sainte Croix, la Couronne d’Épines…ou parfois certains ossements de saints et de saintes dont on ne sait pas vraiment si ces restes sont bien les leurs, comme les reliques des Rois Mages par exemple qui se trouvent d’ailleurs à plusieurs endroits, à Cologne notamment ou encore au Mont Athos ou d’autres un peu plus farfelues comme le Saint Prépuce, les Saintes Dents, le Saint Berceau ou encore la Ceinture de la Vierge), comment se fait-il donc que l’Église autorise ou laisse se faire, la vénération de reliques dont la véracité n’est pas sûre ? (1/2)

1° Sur le premier volet de la question, nous renvoyons à cet article sur les reliques : Reliques — Réponses catholiques (reponses-catholiques.fr). L’origine directe de la dévotion aux reliques provient des premiers temps du christianisme, lors des persécutions dans l’Empire romain. Les chrétiens ont pris l’habitude de soigneusement recueillir les restes des martyrs et de prier, et surtout célébrer des messes sur leur tombe (rappelons que les tombes romaines ne sont pas au ras du sol mais sont des coffres en pierre, donc avec une forme pouvant servir d’autel).

L’idée est que le martyr peut intercéder pour les croyants vivants, ce qui est le dogme de la Communion des saints. A partir de la fin de l’Antiquité et la fin des persécutions, par extension, ce sont toutes les tombes des saints qui sont honorées par les fidèles, ainsi que leurs restes. Comme les restes d’un saint peuvent être partagées entre plusieurs monastères et églises pour que plusieurs en bénéficient, être offerts, parfois être volés, il ne faut pas s’étonner que les reliques d’un même saint soient à plusieurs endroits à la fois. Les reliques des Mages peuvent donc bien être en partie à Cologne et en partie au Mont Athos.

Ce point est assez documenté historiquement au fur et à mesure de l’Histoire: on sait assez précisément comment la pauvre Thérèse d’Avila a été débitée juste après sa mort, pour pouvoir envoyer ses reliques un peu partout en Europe. L’opération a eu lieu alors même qu’elle n’était pas encore canonisée.

Les reliques de deux ou de troisième classe, c’est-à-dire un objet relié à un saint ou un objet ayant touché l’objet, permettent d’élargir le cercle des reliques. On sait que, dès l’Antiquité, ces objets sont recueillis, l’exemple le plus célèbre étant la découverte de la Vraie-Croix par Sainte Hélène en 326.

Les sources bibliques sont indirectes mais pas inexistantes : dans Exode 13, 19, les Hébreux emportent les ossements du patriarche Joseph lorsqu’ils quittent l’Egypte. C’était une demande de Joseph lui-même plusieurs générations auparavant et ce n’est pas encore un culte des reliques. Mais cela montre un attachement aux restes d’une sainte personne, qui prévaut sur le respect de l’intégrité de sa tombe. Dans l’épisode d’Elisée et la Sunamite dont le fils meurt, c’est d’abord le serviteur d’Elisée qui est envoyé pour ressusciter le garçon avec le bâton d’Elisée (ce qui d’ailleurs, ne marche pas. Il faudra qu’Elisée intervienne lui-même). On peut en retirer l’idée d’une relique secondaire : un objet appartenant à un saint homme pourrait faire des miracles (du moins, c’est ce qu’espère Elisée dans un premier temps).

Enfin, l’attention pour trouver un tombeau vide au Christ et le soin que les saintes femmes se proposent d’apporter à son cadavre montrent l’idée d’un statut particulier accordé à son corps et son lieu d’ensevelissement. Certes, cela correspond aux coutumes funéraires des juifs de l’époque mais les condamnés n’en bénéficiaient normalement pas : ils étaient jetés dans une fosse commune. Cela indique que l’entourage de Jésus a été suffisamment motivé et persuasif pour obtenir de pouvoir l’honorer particulièrement.

Cette tradition n’est pas absente du judaïsme par la suite : les tombes de rabbis célèbres sont des lieux de pèlerinage et des miracles sont réputés s’y produire parfois. Ce qui nous amène à poser ce thème du miracle et de la spiritualité de ces lieux dans un deuxième volet.