Quelle version de la Bible faut-il lire ?

Si j’étais provocateur, je répondrais : « Toutes ! ».

En effet, puisque les langues originales de l’Écriture Sainte sont l’hébreu et le grec ancien (plus un peu d’araméen), l’immense majorité des lecteurs est dans l’incapacité d’avoir un accès direct au texte original. Il faut donc s’en remettre à des traductions.

« Traduttore, tradittore » (traducteur = traître), dit le dicton italien. Comment se sortir de ce dilemme ? Un de mes maîtres m’avait proposé un moyen, qui s’est révélé fructueux. (Il n’exclut pas pour les plus doués d’entre nous de se mettre aux langues anciennes.) Ne vous contentez pas d’une seule traduction. Si un texte, ou un livre, de l’Écriture sainte vous intéresse particulièrement, prenez le temps de comparer les choix du traducteur, de deviner les richesses sous-jacentes du texte. Il existe même des logiciels qui mettent les versions en parallèle. « Patience et longueur de temps », sans compter le désir de se laisser éclairer par le même Esprit Saint qui a éclairé les auteurs, vous permettront d’entrer dans le sens profond des textes. Cette façon de lire, que la Tradition appelle « lectio », n’est pas de l’ordre de la « consommation textuelle kilométrique », si on me permet, mais une lente imprégnation, une « école » de vie à l’écoute des auteurs inspirés. On peut aussi recourir, le cas échéant, à des commentateurs reconnus (saints canonisés, docteurs…). Seule cette lecture priante est en mesure de nourrir notre foi. Benoît XVI vient de le rappeler dans sa lettre qui fait la synthèse des travaux du Synode des évêques sur la Parole de Dieu.

Pour en revenir au point de départ, il n’est pas négligeable de rappeler aussi que la publication d’une traduction de Bible par un catholique doit faire l’objet d’une autorisation par les autorités compétentes. L’Écriture Sainte appartient à l’Église et non à une personne ou un groupe de personne. Cette mesure, qui apparaîtra naturellement d’un autre age aux yeux des modernes, signifie simplement et concrètement la nature particulière de ces textes.

Alors, dans ces conditions, BJ,  Crampon, Maredsous, Osty, et même TOB, Segond, etc., seront valables.

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

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