Quelle validité des sacrements de confessions différentes du baptême?

Questions d’une lectrice sur les différences entre rites orientaux : 1°  Si une personne a été baptisée grecque-orthodoxe et après le prêtre nous a dit de lui faire des bisous et on a reçu sa bénédiction, puis nous l’avons accompagné une autre fois à l’église ; mais après la famille l’a faite baptiser dans l’église syriaque-catholique et elle y a fait la première communion, maintenant est-elle est orthodoxe ou catholique ? 2° Si une personne a été baptisée catholique et y a fait la première communion mais a participé au catéchisme quand elle était petite dans une église orthodoxe et n’a pas participé à la fin comme ça, est-elle infidèle ? 3° Et si une personne a immigré, est-ce qu’elle peut participer à la messe, communier et se confesser malgré son faible niveau de langue ? Ou il doit aller à l’église qui fait la messe dans sa langue bien que cette église soit loin d’ou elle habite ?

Cette lectrice connait donc des gens qui font baptiser leurs enfants grecs-orthodoxes pour les catéchiser ensuite dans une église catholique, et en même temps d’autres qui font baptiser leurs enfants catholiques puis les catéchisent chez les orthodoxes. Que de confusion dans son entourage ! Il faut dire, cependant, que, de ce que nous en savons, les communautés de chrétiens d’Orient sont tellement réduites que les confessions sont assez interchangeables.

1° Mais, pour la première question, la situation est problématique. Car, bisou ou pas, l’enfant en question est de confession grecque-orthodoxe puisqu’il a été baptisé dans cette Eglise. Son baptême syriaque-catholique est invalide, puisque les églises de confessions différentes reconnaissent mutuellement leur Baptême (sauf évangéliques extrémistes et sectes louches) et ne font jamais rebaptiser les personnes qui changent de confession. Par conséquent, sa Première communion et les éventuels sacrements suivants (Confirmation, Réconciliation, Mariage, Sacrement des malades, ne parlons même pas d’une éventuelle Ordination d’un homme) ne sont peut-être pas invalides, car les catholiques seraient prêts à reconnaitre les sacrements des orthodoxes, mais certainement illicites, car la pleine communion n’est pas effective entre catholiques et orthodoxes à l’heure où nous écrivons.

Tel serait sans doute le cas dans l’Eglise catholique latine. S’agissant de l’Eglise syriaque-catholique, cela demande une expertise pointue et nous ne pouvons que renvoyer à un expert canoniste syriaque-catholique pour avoir une réponse sûre.

Dans le doute, en tous cas, la personne en question doit faire une cérémonie d’entrée dans l’Eglise syriaque-catholique, avec un parcours de catéchuménat propre aux personnes d’autres confessions qui font leur entrée en Eglise catholique (le parcours est souvent proche de celui des confirmands adultes, puisque les personnes en question ont le plus souvent été catéchisées enfants dans une église ou l’autre). Ce n’est qu’à cette condition que les sacrements reçus deviendront licites. Qu’elle s’adresse au prêtre de la paroisse qu’elle fréquente pour qu’il lui dise exactement quoi faire.

2° Dans ce deuxième cas, la personne est catholique et rien dans la question n’indique qu’elle a reçu des sacrements dans l’Eglise orthodoxe (auquel cas, ils seraient également valides mais illicites). Savoir si elle a été fidèle à sa foi catholique ou non dépend largement des circonstances : a-t-elle été catéchisée chez les orthodoxes parce qu’il n’y avait pas de catéchisme catholique accessible ? Cela arrive dans des villages ou petites villes en Orient. Cela dépend aussi de son âge. Si elle était enfant, elle n’a fait qu’obéir à sa famille, et ce sont eux qui ont été infidèles à leur foi catholique (sauf, encore une fois, s’ils ne pouvaient faire autrement). Si elle était une grande adolescente, elle aurait tout de même pu demander à sa famille d’aller à une aumônerie catholique et sa responsabilité est déjà davantage engagée.

En tous cas, maintenant, pour être fidèle, elle doit impérativement se remettre à pratiquer dans une église catholique. Vu que rien n’indique qu’elle ait reçu les sacrements d’initiation catholiques, elle doit a) soit faire une entrée en Eglise catholique si elle les a eu dans l’Eglise orthodoxe, ce qui revient plus ou moins au cas 1° ; b) soit faire la préparation adulte à la Première communion et la Confirmation. En attendant, elle ne peut certainement pas communier et se confesser.

3° Nous avons déjà répondu à l’auteur de la question et l’encourageons à lire nos réponses à ses questions : https://www.reponses-catholiques.fr/ou-peut-recevoir-les-sacrements-un-syriaque-catholique/

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