Que faire pour accompagner un mourant ne pouvant se confesser?

Les prêtres se font rares en zone rurale et il devient parfois difficile d’en trouver un pour administrer les derniers sacrements. Une personne assistant un mourant a reçu de sa part l’aveu d’une faute grave. La personne récite avec l’agonisant le Notre Père en disant deux fois la phrase : “Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés”. Du point de vue de l’Eglise, il n’y a pas là un sacrement du pardon. Mais du point de vue de Dieu ?

Faute de pouvoir recevoir les sacrements, quels qu’ils soient, l’Eglise nous enseigne que le sacrement du désir est un premier pas spirituel pour bénéficier de la grâce d’un sacrement. Par exemple, lorsqu’une personne décède avant d’être baptisée, que ce soit un catéchumène ou un petit enfant que les parents avaient l’intention de faire baptiser prochainement, le défunt est considéré comme chrétien et a des funérailles chrétiennes. On a aussi beaucoup parlé de la communion du désir pour les personnes ne pouvant pas communier, y compris pendant les confinements où les cultes sont interdits. Idem pour le sacrement de Réconciliation : le Pape François avait, en particulier, proposé aux fidèles de faire un examen de conscience et de réciter leur Acte de contrition avant Pâques 2020, alors que les messes étaient interdites un peu partout dans le monde.

La démarche faite avec cette personne en fin de vie nous semble donc plutôt bonne et elle a clairement exprimé son repentir et désir de recevoir l’absolution du Seigneur. On pourrait rajouter qu’il aurait été à propos qu’elle récite son Acte de contrition. Mais, en l’absence de possibilité d’aller plus loin, c’est ce qu’elle avait de mieux à faire avant de se confier à la Miséricorde divine.

Voilà ce que nous dirions dans ce cas particulier. Pour faire une réponse plus générale, cela nous donne l’occasion d’insister sur la pertinence de se confesser régulièrement pour ne pas se retrouver dans cette situation : si elle s’était confessée le mois précédent, ou au moins à Noël dernier, elle aurait affronté la mort de façon bien plus sereine sur le terrain spirituel. C’est aussi l’occasion de relayer les appels pour s’engager en aumônerie d’hôpital ou en maison de retraite, pour venir en aide aux personnes en fin de vie ; s’organiser entre paroissiens en zone rurale pour que chacun puisse aller à la messe et se confesser de temps en temps dans le bourg ayant un prêtre le plus proche ; s’organiser aussi pour que le prêtre puisse assister les mourants (diffuser un numéro de téléphone, aller le chercher en voiture etc) ; et enfin pour que des hommes, plus ou moins jeunes, s’engagent dans les séminaires et noviciats afin de se former et être ordonnés pour aller évangéliser villes et campagnes (et que les filles s’engagent tout autant pour prendre leur part de cet apostolat).

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