Que dire à ses amis sur la foi?

J`aime parler de religion. Je m`aperçois que je suis presque la seule à vivre ma religion comme dans ma jeunesse. Mes amis(es) disent que tout a évolué et que si Jésus était sur terre , on ne parlerait plus de péché et que l`important c`est d`être heureux(se). Je commence à croire que j`ai l`esprit étroit car, pour moi,ma religion est basée sur les commandements de Dieu.Je me fais beaucoup de souci . Je ne trouve personne qui pourrait me faire cheminer. Pouvez-vous m`éclairer ?

Nous sommes heureux pour l’auteur de la question qu’elle ait ce goût des choses spirituelles et qu’elle soit prête à témoigner de sa foi. C’est une grâce dont elle peut remercier le Seigneur et, comme le dit le Christ,  personne ne pourra lui enlever la joie de son attachement à Jésus si elle reste ferme dans ses convictions. Qu’elle ne se laisse donc pas troubler par ses amis, qui ont l’air de refléter ce qu’on appelle classiquement « l’esprit du monde ».

Un chrétien seul est néanmoins un chrétien en danger. Il est urgent que cette personne trouve des frères et des lieux pour partager sa foi et l’approfondir. La messe ne suffira peut-être pas. Nous recommandons donc :

  • La pratique régulière du Sacrement de réconciliation, au moins une fois par mois et aux grandes fêtes. C’est aussi l’occasion de parler avec un prêtre
  • La lecture quotidienne de la Bible, par exemple l’Evangile du jour. Mieux on connait la Bible, mieux on sait répondre aux attaques, comme nous allons le voir.
  • Rejoindre un groupe de prière ou de partage d’évangile. Des relations fraternelles seront un fort soutien
  • Faire une retraite et/ou un pèlerinage chaque année si possible. Outre la consolidation de la foi, c’est aussi l’occasion de connaître d’autres chrétiens fervents
  • Si possible, demander un accompagnement spirituel. C’est difficile à trouver car il y a peu d’accompagnateurs bien formés mais le curé peut aider à en trouver un. La question révèle typiquement un fort besoin d’accompagnement spirituel.

Sur les objections des amis, rien n’est plus faux. « Si Jésus était sur terre, on ne parlerait » peut-être « plus de péché », mais Il n’y est pas et le péché est bien là. Il doit être combattu. Quant à Jésus, dans les Evangiles, le péché, Il en parle beaucoup, en pardonne beaucoup et en guérit beaucoup (cf. la Samaritaine, le paralysé de la piscine de Bethesda, l’aveugle-né etc). Que la lectrice relise autant de passages où Jésus guérit quelqu’un ou expulse un démon pour en reparler avec ses amis. Ces derniers ne vont pas être déçus.

Quant à dire que « l’important c’est d’être heureux », ce n’est pas non plus ce que prétend le Christ. L’important, c’est le Salut du monde, ce n’est pas du tout la même chose. Et chaque chrétien doit apporter sa contribution, en cheminant pour son salut personnel mais aussi en oeuvrant pour le salut des autres. Pour cela, la seule méthode que nous indique le Christ, c’est de prendre sa croix et de le suivre. Pas de chercher son petit bonheur perso.

La résultante est la vie éternelle. Jésus est « venu pour que nous ayons la vie, et que nous l’ayons en abondance » (Jn 10, 10). Mais elle est aussi la Joie, la vraie, qui traverse toutes les épreuves et la mort, et qui permet de trouver la paix. « Je vous ai dit cela afin que ma joie demeure en vous et que votre joie soit complète » (Jn 15, 11).