Puis-je communier lors d’une messe célébrée par un prêtre oriental?

Une messe en rite byzantin

En principe, chaque fidèle doit demeurer dans son Eglise: un fidèle de rite romain doit, autant que possible, recevoir les sacrements dans le rite romain, de même qu’un fidèle de rite byzantin doit, autant que possible, recevoir les sacrements dans le rite byzantin.

Cependant, si vous êtes en voyage dans une région où la participation au rite romain est compliquée, il est tout à fait possible d’assister à une messe selon le rite byzantin, ou tout autre rite oriental.

Néanmoins, il me semble que la question concerne plutôt le lien du prêtre à l’Eglise romaine. Telle qu’elle est posée, la question ne me permet pas de répondre exactement. Car il existe des prêtres orientaux rattachés à Rome et des prêtres orientaux séparés de Rome (ceux que l’on appelle les orthodoxes): les uns et les autres célèbrent les mêmes rites orientaux, mais les premiers sont en communion avec l’Eglise catholique, tandis que les autres ne le sont pas.

Pour les premiers, il n’y a pas de difficulté de principe: si vous ne pouvez pas assister à la messe en rite romain, vous pouvez parfaitement communier à une messe célébrée en rite oriental par un prêtre en communion avec le Pape.

Dans le second cas, en principe, la communion n’est pas possible: nous reconnaissons, dans le cas général, que le prêtre orthodoxe est validement ordonné et qu’il célèbre validement la messe (c’est-à-dire que le pain et le vin deviennent réellement le Corps et le Sang du Seigneur). Mais on ne peut communier, dirait M. de La Palice, que si l’on est en communion. Pour nous, catholiques, une telle messe, et une telle communion, sont illicites.

NB: le droit canon, qui interdit de façon générale, ce que l’on appelle l’intercommunion, c’est-à-dire la communion dans des Eglises séparées de Rome, a un principe fondamental: salus animarum suprema lex (le salut des âmes est la loi suprême), en vertu duquel, à l’article de la mort, il est possible de se confesser et de recevoir le Viatique d’un prêtre séparé de Rome.

 

PS du 25 avril 2012: Un lecteur, que je remercie vivement, attire mon attention sur le n°123 du Directoire pour l’application des principes et des normes sur l’oecuménisme (approuvé par Jean-Paul II le 25 mars 1993). Ce paragraphe est ainsi formulé:

Lorsqu’une nécessité l’exige ou qu’un véritable bien spirituel le suggère et pourvu que soit évité tout danger d’erreur ou d’indifférentisme, il est permis à tout catholique, à qui il est physiquement ou moralement impossible de joindre un ministre catholique, de recevoir les sacrements de pénitence, d’Eucharistie et d’onction des malades de la part d’un ministre d’une Église orientale.

Comme me le fait remarquer ce lecteur, cela dépasse le cas de danger de mort. Cependant, les principes demeurent ceux que j’exposais ci-dessus: en règle générale, l’intercommunion est illicite, mais le salut des âmes étant la loi suprême peut exiger la suspension de la loi générale.

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