Puis-je baptiser une personne en fin de vie ou un SDF?

Je me permets de vous envoyer un message concernant le baptême. Je suis baptisée, chrétienne catholique pratiquante… En cheminement pour devenir religieuse. Étant en contact avec des personnes en fin de vie (avec les petits frères des pauvres), je souhaiterai savoir si je peux baptiser moi-même ces personnes. Je fais des maraudes en évangilisant (offrant un chapelet) et en priant avec les sdf… Je souhaiterai savoir si je peux baptiser moi-même ces personnes sachant qui ne vont pas se renseigner et aller vers le catéchuménat… En espérant avoir une réponse de votre part à ses 2 questions

Nous avons partiellement répondu très récemment à la question : https://www.reponses-catholiques.fr/est-ce-que-nimporte-qui-peut-baptiser/. Oui, l’auteur de la question peut baptiser des personnes en fin de vie… A condition qu’il y ait danger de mort et qu’un ministre ordonné, prêtre ou diacre, ne soit pas accessible. Pour des personnes en fin de vie, on imagine facilement que cela peut être le cas. Mais, si elles sont dans un hôpital ou une unité de soins palliatifs, en France, du moins, il y a normalement une aumônerie. C’est donc une décision du responsable de l’aumônerie. Si ce ou cette responsable n’est pas un prêtre ou un diacre, il y a forcément un prêtre attaché à cet hôpital. Il n’est peut-être pas sur place mais on doit normalement pouvoir l’appeler pour un baptême en urgence, une confession, le Sacrement des malades.

Par conséquent, à moins que l’urgence soit telle que le prêtre ne peut pas venir (donc quelques heures, à moins qu’il soit en déplacement ou indisponible), il n’y a pas lieu de faire le baptême soi-même. En tous cas, c’est à discerner avec le responsable d’aumônerie ou le prêtre en question, qui peuvent éventuellement déléguer le baptême.

Si la personne en fin de vie est chez elle, ou dans un EHPAD des Petits frères des pauvres, c’est le même critère qui doit être examiné : a-t-on le temps de faire venir un prêtre ou non ? Ce n’est que dans la négative, ou sur délégation de celui-ci, que quelqu’un d’autre baptise.

Pour les personnes de la rue, cela se justifie encore moins. Pourquoi ne feraient-elles pas la démarche de catéchuménat ? Bien sûr, quiconque a un peu l’expérience des maraudes sait à quel point faire la moindre démarche un peu institutionnalisée peut être difficile pour ces personnes. Cela demande souvent beaucoup de temps et d’accompagnement. Mais, justement, c’est là le rôle du bénévole auprès de ces personnes. Et, nous en avons fait l’expérience, des SDF qui suivent assidument et avec ferveur un parcours entier de catéchuménat pendant deux ans, voire plus, jusqu’au Baptême, cela existe. C’est d’ailleurs aussi l’occasion d’un parcours de resocialisation, avec une communauté paroissiale bienveillante, et de réinsertion, via Hiver solidaire ou des propositions de ce type.

Car, comme nous l’avons dit dans notre article mis en lien, le Baptême, c’est tout un cheminement de conversion. Les personnes de la rue ont souvent une grande profondeur spirituelle. Mais elles peuvent aussi avoir des idées et des croyances… Pas très catholiques. Il ne s’agit pas de les baptiser à la va-vite mais de leur faire découvrir la foi de l’Eglise, au sein d’une communauté.

Par conséquent, là aussi, s’il n’y a pas de danger de mort, il vaut mieux en parler avec le responsable des maraudes. Si c’est dans un cadre catholique, il y aura toujours un aumônier référent. Sinon, le curé de la paroisse du territoire du SDF (ils en ont presque toujours un) pourra aider.