Probabilité de l’existence de Dieu

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J’ai entendu parler du calcul de la probabilité de l’existence de Dieu. N’est-ce pas aussi absurde que le pari de Pascal?

Les paris sont souvent faits en fonction d’un calcul de probabilité, même « à la louche ». Les deux démarches ont donc ceci en commun.

Il est exact qu’un théologien britannique contemporain, Richard Swinburne, a calculé la probabilité de l’existence de Dieu et qu’il parvient à un résultat de 2/3. La démarche peut faire sourire mais elle est assez solidement argumentée et mérite d’être regardée de près.

Nous n’entrerons pas ici dans le mode de calcul, assez compliqué : Swinburne a combiné plusieurs facteurs comme la persistance d’une très large majorité de croyants, la conviction qu’ils ont, l’absence de preuve que tous se trompent, d’ailleurs plus globalement le manque d’arguments en faveur de la probabilité de la non-existence de Dieu, la présence de miracles etc. Ce qui est plus intéressant, c’est le raisonnement de Swinburne.

Il est parti en effet d’un certain nombre de constats :

  • Quand une source de confiance donne une information, si vous n’avez aucun élément l’infirmant, il est plus raisonnable de la croire. Il donne l’exemple du journal annonçant un tremblement de terre en Turquie. Certes, le journal peut se tromper ou manipuler l’information. Mais, en l’absence d’autres éléments (sources démentant l’information, votre propre constat sur place etc), il n’y a pas de raison de ne pas croire cette information
  • Ainsi, quand une personne que vous connaissez, dont rien ne vous permet de douter de la santé mentale, de son honnêteté intellectuelle, de sa liberté par rapport à des manipulations sectaires etc… Quand cette personne, donc, vous affirme qu’elle a vécu une expérience religieuse, il faut de solides éléments à charge pour ne pas la croire
  • L’intérêt de la démarche est donc le renversement de la preuve de la non-existence de Dieu, quand des personnes raisonnables croient qu’il existe.

Sans faire un cours de mathématiques, Swinburne rappelle aussi qu’un calcul de probabilité n’a de sens que si le résultat est proche de 1 – quasi certitude – de 0 – quasi preuve que non – ou s’il est supérieur ou inférieur à ½ – plus de probabilité que la chose existe ou non. Son résultat mathématique ne donne pas de certitude, il donne juste une probabilité que Dieu existe supérieure au contraire.

Le pari de Pascal se fonde aussi sur une approche probabiliste mais davantage existentielle : personne n’a de certitude mais chacun doit faire un choix. Sans doute s’en souvient-on encore quatre siècles après car il amène à se décider, ce qui est au cœur de toute démarche de foi.

Probabilité de l’existence de Dieu
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