Privilège paulin

1 Corintiens 7:39 : « (…) elle est libre de se marier à qui elle veut, seulement dans [le] Seigneur. » Dans le Seigneur seulement, c’est ce que dit notre Créateur dans sa parole. Obéir pour le bien, ou, désobéir pour le trouble… Tergiverser ou ne pas tergiverser, voilà la question…

Cette question fait peut-être référence à notre article « Engagement avec un compagnon musulman » :https://www.reponses-catholiques.fr/engagement-avec-un-compagnon-musulman/. Nous répétons que l’Eglise catholique accepte ces mariages moyennant une dispense de disparité de culte, la garantie que le conjoint catholique pourra pratiquer librement sa foi et son engagement d’élever ses enfants dans la foi catholique.

La question nous semble donc plutôt d’interpréter correctement les Ecritures et ne pas leur faire dire ce qu’elles ne disent pas. Au chapitre 7 de la Première Epître aux Corinthiens, St Paul insiste justement sur :

– La liberté dans le mariage

– la nécessité de se marier dans le Seigneur, c’est-à-dire à l’Eglise. Même si le conjoint n’est pas chrétien. La disparité de culte n’est pas une raison de faire qu’un mariage civil, encore moins dans un autre culte

– la pratique de sa foi comme principe non-négociable.

Un des rares cas qui permet de dissoudre un mariage est le « privilège paulin ». Il se fonde dans le même chapitre : « Aux autres, je dis – c’est moi qui parle et non le Seigneur – : si un frère a une femme non-croyante et qu’elle consente à vivre avec lui, qu’il ne la répudie pas. Et si une femme a un mari non-croyant et qu’il consente à vivre avec elle qu’elle ne le répudie pas. Car le mari non-croyant est sanctifié par sa femme, et la femme non-croyante est sanctifiée par son mari. S’il en était autrement vos enfants seraient impurs alors qu’ils sont saints. Si le non-croyant veut se séparer qu’il le fasse ! Le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ce cas. C’est pour vivre en paix que Dieu vous a appelés. En effet, sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari ? Sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme ? (1 Cor. 7,12-16 Traduction œcuménique de la Bible) ».

Il en résulte deux canons du Code de Canonique (1983) sur ce privilège paulin :

C.1143 1 Le mariage conclu par deux non-baptisés est dissous en vertu du privilège paulin en faveur de la foi de la partie qui a reçu le baptême, par le fait même qu’un nouveau mariage est contracté par cette partie, pourvu que la partie non baptisée s’en aille. 2 La partie non baptisée est censée s’en aller si elle refuse de cohabiter ou de cohabiter pacifiquement sans injure au Créateur avec la partie baptisée, à moins que cette dernière après la réception du baptême ne lui ait donné une juste cause de départ. CIS 1120 ; CIS 1123 ; CIS 1126 ; CIO 854

C.1147 L’Ordinaire du lieu peut cependant, pour une cause grave, autoriser la partie baptisée, usant du privilège paulin, à contracter mariage avec une partie non catholique baptisée ou non, en observant aussi les dispositions des canons sur les mariages mixtes. CIO 858 – cf. c/ les canons 1147-1149 CIS 1125.

Tout dépend donc de la liberté de vivre en chrétien du conjoint catholique. Plutôt que de tergiverser, il vaut donc mieux adhérer à l’Enseignement de l’Eglise, dans les situations concrètes et les différents cas de figure qui se présentent, car « C’est pour vivre en paix que Dieu vous a appelés ».

Privilège paulin
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