Présenter un enfant à Dieu sans le baptiser?

Ma question va peut-être vous paraître saugrenue et je m’en excuse d’avance. L’abbé de ma paroisse m’a proposé une présentation à Dieu pour ma fille comme alternative au baptême catholique, car je souhaitais qu’elle soit accueillie dans l’église et reçoive une bénédiction même si j’ai fais le choix de ne pas la baptiser. Je suis mariée à un musulman non pratiquant mais je souhaite élever ma fille dans la foi catholique. Ma question est si cela est déplacé de donner un côté solennel à cette cérémonie : porter une tenue non blanche à ce moment là, et faire un repas par la suite. Je ne souhaite pas offenser l’église mais j’aimerais bien faire.

Nous supposons que le curé a proposé une cérémonie plus ou moins analogue à l’entrée en Eglise d’un catéchumène. Hormis le contenu du rituel proprement dit, qui est assez court, le formalisme n’est pas si défini que ça. La maman a donc une grande liberté sur la couleur de la tenue ou sur l’organisation d’un repas ensuite, qui n’est de toute façon pas lié à la liturgie. Qu’elle se sente très libre.

En revanche, la question de fond nous semble plutôt : que signifie « élever quelqu’un dans la foi catholique » sans lui donner accès à ses sacrements, à commencer par le premier d’entre eux, le Baptême ? Quel sens cela a-t-il ? Comment cette enfant sera catholique sans être baptisée ? Est-ce pour lui permettre de « choisir plus tard » ? Mais choisir entre quoi et quoi ? Les prêtres et catéchistes sont plus que réservés sur cette attitude, qui a privé un grand nombre de jeunes de fruits spirituels et les a laissés, en quelque sorte amputés d’une partie de l’éducation que leurs parents auraient du leur donner. Car, soit on est catholique, soit-on ne l’est pas. Suivre le Christ n’est pas à la carte.

Est-ce à la demande de l’époux musulman ? La question suggère que non puisque l’absence de baptême serait le « choix » de la maman. Alors si le père est « non pratiquant », pourquoi s’opposerait-il à ce que son enfant soit baptisée. Et donc, pourquoi ne pas la baptiser ? Ou alors, s’il est plus attaché à sa propre foi musulmane que la question ne le laisse entendre, comment l’enfant sera-t-elle « élevé dans la foi catholique » alors que son père n’est pas d’accord ? Qui peut croire que son père ne voudra pas lui transmettre la religion musulmane ? Et alors que se passera-t-il ? La petite fille sera entre deux chaises, avec des méli-mélo contradictoires enseignés qui par l’imam, qui par le catéchiste ? Outre des conflits de loyauté pour choisir entre les croyances de son papa ou sa maman ? Car, rappelons-le avec cet article, les enseignements des deux religions sont incompatibles sur des points décisifs : https://www.reponses-catholiques.fr/foi-des-enfants-dans-un-mariage-avec-un-musulman/

Si le curé a proposé cette cérémonie de présentation à Dieu, c’est sans doute un premier pas dans la vie spirituelle de cette petite fille. Mais, il nous semble, nous, que l’attitude juste serait de la faire baptiser sans tergiverser.