Pourquoi les prêtres ne se marient pas ?

On est frappé d’abord par la persistance de cette question en des temps où le mariage est devenu une réalité marginale de notre société. Pourquoi pousser le clergé vers une institution « dépassée et ringarde » ? Ceci montre bien que la question est lourdement piégée de sous-entendus douteux.

En dehors de considérations pratiques (disponibilité) et sociologiques (désintéressement), la vraie et seule justification du célibat sacerdotal est mystique et théologale, spirituelle, si vous préférez. Jésus, choisissant ses apôtres et disciples, leur lance une invitation claire : « Viens et suis-moi… », pour s’ils soient entièrement consacrés « à Dieu et aux hommes » (Catéchisme de l’Église catholique, n. 1579). Suivre Jésus, à la suite d’un appel, que l’Église reconnaît, est une décision qui ne souffre pas de demi-mesure. Le don de soi comprend toute la personne, corps, esprit et âme. Et comme tout don réel, il est sans retour. « Donner, c’est donner… »

La compréhension de cette radicalité de l’appel du Christ a été précoce dans l’Église. Les historiens les moins marqués de présupposés idéologiques s’accordent aujourd’hui pour donner des origines apostoliques au célibat sacerdotal. Il suffit de penser à l’engagement total de saint Paul : « Ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Galates 2,20).

Ce choix n’a pas été général : les Églises d’Orient ordonnent encore des hommes mariés. Cependant, on oublie assez facilement que ces dernières ne donnent jamais la plénitude du sacerdoce (épiscopat) à un homme marié. Les évêques y sont toujours choisis parmi les moines, c’est-à-dire des hommes qui ont répondus à l’appel radical du Christ. Le sens profond de ce choix est donc positif, même si, comme toute vocation, il n’est ni facile ni exempt des fragilités communes à tous les hommes.

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

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