Pourquoi la princesse de M. a-t-elle pu se remarier et pas moi ?

Sous entendu : parce que j’ai été déjà marié religieusement. La réponse n’est pas : parce qu’elle a de l’argent ou des relations au Vatican !

Plus sérieusement. L’enseignement de Jésus sur le mariage est clair et simple : « Ce que Dieu a unit que l’homme ne le sépare pas » (Mt 16, 16). Prenez ce texte dans tous les sens, il ne signifie qu’une seule chose : le mariage est « indissoluble », une fois célébré « selon Dieu ». Tout le reste des textes du Nouveau Testament va dans le même sens. Que l’on pense au martyr de Jean-Baptiste, décapité pour avoir rappelé un enseignement qui remonte « au commencement », comme le dit Jésus lui-même.

Sur ce fondement, l’Église a, peu à peu, discerné les tenants et aboutissants d’un tel enseignement. Quand et comment se réalise le mariage, « selon Dieu » ? Pour faire court, le mariage repose sur l’échange des volontés libres des époux, personnes adultes et responsables, s’engageant pour la vie à la fidélité et à l’éducation des enfants qui naitraient de leur union. Le oui n’est pas un acte magique, mais, s’il est humain – humain au sens voulu et révélé par Dieu –engage définitivement.

Par conséquent, si on n’est pas libre, pas adulte, si l’on refuse par principe la fidélité ou l’indissolubilité du mariage, si l’on trompe son futur conjoint sur ses véritables intentions, il n’y a, purement et simplement, pas de mariage. Si la chose est prouvé – par l’instance chargée par l’Eglise de le reconnaître – alors le mariage est « déclaré nul ». En d’autres termes, l’échange des consentements n’a pas eu d’effet.

(Catéchisme de l’Église catholique, nn.1625 et suivants)

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

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