Pourquoi la communion à la main

Dans toutes vos dernières réponses au sujet de la communion sur la langue/dans la main, vous ne parlez pas du fait que jusqu’à une époque assez récente (autour du concile Vatican II), on ne communiait que sur la langue. Il y a donc eu à ce moment-là une réflexion de l’Église sur l’usage de communier dans la main. Si le missel romain et Redemptionis Sacramentum précisent que communier dans la main ne peut se faire que là où c’est permis, c’est bien qu’il n’est pas prévu à la base que ce soit systématique. Certaines personnes justifient que la communion ne doit se faire que sur la langue car seules les mains du prêtre, qui a reçu le sacrement de l’Ordre, peuvent toucher le Saint-Sacrement et que recevoir la communion sur la langue est donc un signe d’humilité devant le Seigneur. Il y a aussi le risque de perdre des parcelles d’hostie quand elles passent de la main du prêtre à la main du fidèle. Alors quelle est cette réflexion qui a abouti à cette validation/autorisation ?

Et bien ces personnes sont dans l’erreur. Tout comme est tendancieuse la façon de présenter l’autorisation de la communion à la main. Elle peut se faire là où c’est permis. Or, c’est permis partout en France et, dans le monde, nous n’avons pas connaissance d’un diocèse où cela ne le serait pas.

La question n’est pas de savoir si cela fait une époque récente où non que l’on communie comme ceci ou comme cela. La question est que des décisions ont été prises par le Pape lui-même, le délai ne fait rien à l’affaire. D’autant que, le Christ et ses Apôtres ont bien mangé à la main et, jusqu’à une époque très ancienne, dans les premiers temps de l’Eglise, et même au Haut-Moyen Age, on communiait à la main. C’est donc l’usage de la communion à la bouche qui devrait être remis en question, si on suit ce raisonnement.

Le Concile de Vatican II a été une relecture en profondeur de toute la vie de l’Eglise, pour la remettre à la lumière des origines et être plus fidèle à sa tradition apostolique et à l’Ecriture. C’est à la suite de ce grand mouvement de retour aux sources que la communion à la main s’est généralisée, comme d’autres pratiques liturgiques sont (ré)apparues. Ainsi du geste de paix qui vient des communautés chrétiennes de l’époque romaine. Le baiser de paix était déjà une tradition juive. Les Romains, de leur côté, savaient déjà que des maladies se transmettaient par contact physique. En se serrant la main, les premiers chrétiens se manifestaient mutuellement que leur fraternité passait au-dessus des risques sanitaires. C’est de là que vient aussi l’usage de se saluer en se serrant la main dans la vie civile. Curieusement, personne ne proteste bruyamment contre la suspension de ce geste dans la liturgie (revenu dans le rituel de la messe après Vatican II) pendant la pandémie, alors que son essence même montre que nous ne prenons pas le risque que les premiers chrétiens étaient prêts à prendre. En tous cas, sur www.reponses-catholiques.fr, nous avons eu une foultitude de questions sur la communion à la bouche mais aucune sur le geste de paix.

Quant à la question des prêtres qui seraient les seuls à pouvoir toucher le Corps du Christ avec leurs mains, nous nous demandons où ceux qui disent cela l’ont pris. C’est évidemment faux et de multiples exemples le montrent. Ce qui est vrai, c’est que ceux qui manipulent la Sainte-Hostie doivent être mandatés par l’Ordinaire du lieu (donc l’évêque), éventuellement via la validation de leur curé. Tout le monde ne peut pas le faire.

Mais les laïcs qui portent la communion aux malades, les ministres extraordinaires, laïcs ou consacrés, qui donnent la communion à la messe doivent bien toucher l’hostie. Une sœur ou une laïque consacrée doit sortir le St Sacrement du tabernacle pour l’Adoration eucharistique quotidienne dans toutes les communautés féminines où il n’y a pas de chapelain sur place, ce qui est normalement le cas. De plus en plus, elles doivent faire des assemblées en l’absence de prêtre car elles ne peuvent pas toujours avoir la messe tous les jours. La supérieure donne alors la communion aux autres sœurs. Et que dire des communautés de laïcs, colocations priantes du Renouveau charismatique etc, qui ont la Présence eucharistique sur place et un temps d’adoration tous les jours ? Ils sont loin de tous avoir un prêtre qui passe quotidiennement.

Commentaires

  1. A quelqu’un qui s’obstinait et jugeait ceux qui communient dans la main, quelqu’un avait dit…
    «  il y a parfois des langues bien plus sales que les mains. »

    Plusieurs ont alors compris que c’est le coeur qui compte.

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