Pourquoi enfermer l’Évangile dans des dogmes ?

Se polariser sur les dogmes, c’est regarder le doigt au lieu de la lune ! Les dogmes ne sont pas l’objet de la foi, ils en sont les moyens. Ce qui est visé par la foi, au moyen des dogmes, c’est « le Dieu de Jésus-Christ, non le dieu des philosophes et des savants » (Pascal). Ils sont concepts morts si l’on perd de vue qu’ils sont signes d’une réalité vivante qu’ils n’enferment pas et ne limitent pas. On pourrait dire aussi qu’ils sont la raison au service de la foi.

Un moine du XIIIe siècle faisait remarquer : « Ne jugeons pas profane nouveauté de langage les mots qu’ont introduit l’autorité des Saints Pères, la piété de la foi, la nécessité même de la confesser. Il fallait bien trouver une formule pour exprimer ce qu’en tout cas, il fallait croire » (Beaudoin de Ford, Le sacrement de l’autel).

On peut dire aussi que, loin d’enfermer la raison ou la liberté du croyant, ils lui garantissent un chemin débarrassé des obstacles vers Celui qu’elles cherchent. Qui peut se croire capable de refaire à lui tout seul le chemin parcouru par nos ancêtres dans la foi, deux mille ans d’approfondissement de la Révélation ? il faut des mots pour dire l’Évangile, il faut des mots pour dire la foi de l’Église.

Enfin, une rhétorique triomphante du refus des dogmes a souvent recouvert l’asservissement de la raison à des idéologies de contrebande ou des bricolages intellectuels douteux.

Abbé Hervé Courcelle Labrousse

Pourquoi enfermer l’Évangile dans des dogmes ?
Notez cet article