Pourquoi communier pour la vie éternelle si l’âme est immortelle?

Il est dit dans l’Évangile : qui mange ma chair et boit mon sang aura la vie éternelle. Mais il est dit aussi que tout être humain est doté d’une âme éternelle. Comment concilier ces deux propositions, car si tout être humain a une âme par définition éternelle, quel est le sens de la première proposition ?

Oui, les deux propositions sont vraies. Tout être humain a une âme immortelle (et non éternelle : elle a un commencement alors que quelque chose d’éternel n’a ni commencement ni fin). Mais un homme n’est pas un « pur esprit », selon l’expression classique. Ce n’est pas un ange et il a un corps.

Par conséquent, avoir la vie éternelle, c’est avoir la vie avec un corps. C’est pourquoi la foi chrétienne proclame la résurrection des corps (ou « de la chair »). Qu’une âme soit immortelle, la première religion venue l’annonce. Que nous ressusciterons corps et âme, c’est bien la spécificité de la foi chrétienne, à la suite de la foi juive qui est exprimée dans le Deuxième livre des Maccabées ou le Livre de Daniel (IIe siècle av. J.-C.).

Et c’est bien par le corps, physiquement, que passe l’Eucharistie, un Dieu qui s’est fait corps et qui se donne à notre corps.

Une âme immortelle, ce n’est pas la vie. La vie nait dans le monde physique, les bactéries, les lichens, les animaux, et les hommes. Toute spiritualisation à outrance de ce qu’est l’humanité est une hérésie bien connue des théologiens. On la retrouve chez les gnostiques du IIe siècle, les Cathares… Et les transhumanistes actuels qui nient la dignité de la personne humaine.