Porter la communion équivaut-il à une messe?

Des personnes à qui l’on porte la communion se désolent de ne plus pouvoir aller à la messe. Peut-on leur dire que “toute la messe”, c’est à dire notamment le sacrifice eucharistique offert par le prêtre, est contenu dans l’hostie consacrée ?

Non, on ne peut pas dire ça, pas plus qu’une ADAP (assemblée dominicale en absence de prêtre) où l’on communie n’est une messe, ou que l’Office de la Croix du Vendredi St, même si l’on communie, n’en est une. Justement, ce qui marque cet office, c’est que ce n’est pas une messe, puisque la consécration eucharistique n’a pas lieu, afin de marquer le temps liturgique avec une grande force : le Christ est mort à ce moment-là, donc on ne peut célébrer le Saint sacrifice qui a déjà eu lieu en ce jour.

Ce serait mentir que de prétendre que recevoir la communion chez soi équivaut à participer à l’Eucharistie. Autrement, il n’y aurait plus de raison de se déplacer, même pour les personnes valides.

Ce qu’on peut dire, c’est que, comme tout sacrement, la communion de désir est une façon de participer tout de même à l’Eucharistie, et que c’est l’occasion de faire spirituellement communion, justement, avec les malades, les chrétiens sans prêtres, les persécutés, qui ne peuvent pas y aller non plus. C’est l’occasion de prier intensément pour les vocations, ce qui amène la personne ne pouvant plus aller à la messe à se décentrer de sa dépendance : elle retrouve la responsabilité de prier pour d’autres, et c’est une façon d’agir, dans la foi.

Il est aussi important de soigner la petite liturgie qui accompagne le port de la communion. Par exemple avec un signe de croix, le Je confesse à Dieu, la lecture de l’Evangile, une mini prière aux intentions du fidèle ou « universelle », le Notre Père, le « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir… » On peut faire suivre la prise de la sainte hostie par un petit temps de silence puis d’un signe de croix pour conclure.

Si le porteur de communion a le temps, cela peut donc bien prendre une quinzaine de minutes et aider le fidèle visité à entrer davantage dans le mystère dont il est en partie privé. Cela ne peut que le nourrir spirituellement et l’aider à sortir de la désolation, au sens ignacien du terme, de ne pouvoir aller à la messe.