Peut-on tromper sa femme qui refuse des pratiques dégradantes?

Je trouve vos réflexions sur la sexualité très surprenantes. En gros, selon vous il n’y a pas de place pour le plaisir dans la sexualité d’un couple catholique marié ? On doit s’accoupler pour procréer point final? Et d’ailleurs une seule position est permise, le reste ne serait que perversion?! Ce sont des discussions que nous avons déjà eu avec des abbés, et nous n’avons jamais entendu un tel discours. Et franchement, si c’était vraiment ça, il y aurait un sacré paquet d’infidélités, ne serait-ce que de la part des hommes.

Nous allons décortiquer cette question et y répondre point par point, aussi surprenante soit-elle. Précisons qu’elle est un commentaire de notre article https://www.reponses-catholiques.fr/etoile-de-mer/, qui répondait lui-même à un commentaire de https://www.reponses-catholiques.fr/catholicisme-pratiques-sexuelles-et-amour-de-dieu-et-du-prochain/. Il faut croire qu’il y a beaucoup de gens pour s’intéresser à ces questions qui, nous l’avouons humblement, nous, ne nous préocuppent guère.

1° « En gros, selon vous il n’y a pas de place pour le plaisir dans la sexualité d’un couple catholique marié ? »

Nous ne prétendons pas être compétent en la matière mais il nous semble tout de même que si quelqu’un est incapable de donner ou éprouver du plaisir lors de rapports qui n’impliquent pas toutes sortes d’acrobaties, c’est qu’il est bien maladroit. Et nous invitons nos lecteurs à prier pour son ou sa conjoint(e). Encore une fois, cela n’entre pas dans le champ de nos compétences mais il existe sûrement de bons sexologues qui pourraient aider ce couple.

2° « On doit s’accoupler pour procréer point final? »

Qui a parlé de procréation et où, que ce soit dans les questions qui nous sont posées que dans nos réponses ?

 

3° « Et d’ailleurs une seule position est permise, le reste ne serait que perversion?! »

Pourquoi, de l’avis de l’auteur de la question, parle-t-on de la position dite « du missionnaire » ?

 

4° « Ce sont des discussions que nous avons déjà eu avec des abbés, et nous n’avons jamais entendu un tel discours. »

Donc ces bons pères ont du subir le récit par le menu des acrobaties de l’auteur de la question avec tous les détails ? Alors que la plus élémentaire pudeur fait qu’on ne raconte même pas cela à son meilleur ami ? Nous demandons instamment à nos lecteurs de prier pour ces prêtres. Ils mériteront peut-être d’être canonisés.

Plus profondément, il est très rare que les prêtres ou catéchistes abordent d’eux-mêmes ces questions. Nombreux sont les fidèles qui estiment que cela viole leur intimité et on sait que plusieurs se sont détournés de l’Eglise de ce fait avant le Concile.

Donc, de deux choses l’une. Soit le lecteur estime en son âme et conscience que ce qu’il fait dans sa vie intime ne regarde que lui. Et alors pourquoi aller en parler à un prêtre ? Et, encore plus, pourquoi poser une question publique sur www.reponses-catholiques.fr? Ou alors, il n’est pas à l’aise avec certaines de ses pratiques sexuelles et n’a pas la conscience si tranquille que cela. Dans ce cas, pourquoi ne pas accueillir notre réponse ?

Car, nous, nous n’avons toujours pas de réponse à une question que nous avons posée : quelle référence, biblique, magistérielle ou même mystique l’auteur de la question peut-il avancer pour montrer que l’Eglise encourage ces pratiques ?

 

5° « Et franchement, si c’était vraiment ça, il y aurait un sacré paquet d’infidélités, ne serait-ce que de la part des hommes. »

Donc si une femme refuse de faire une fellation ou une autre pratique de ce genre parce qu’elle estime que cela est dégradant pour elle, son mari est autorisé à la tromper ? Et il faudrait en plus la bénédiction de l’Eglise ? L’auteur de la question se rend-il compte de ce qu’il est entrain de dire ?

Que les lecteurs ne croient pas que ce soit si anodin que cela. Lorsqu’on retrace l’histoire des persécutions contre les chrétiens dans l’Antiquité, la langue de buis érudite des spécialistes met pudiquement en avant des causes comme le refus de sacrifier aux idoles ou de prêter serment à l’Empereur. Mais une des raisons vient aussi de la colère de certains membres de l’élite dont les femmes – ou les concubines ou les esclaves – lors de leur conversion au christianisme, ont commencé à refuser certaines pratiques sexuelles qu’elles jugeaient contraires à la dignité de la femme, et d’ailleurs à la dignité humaine tout court.

Furieux, ceux qui en avaient le pouvoir ont dénoncé et/ou fait condamner les évêques et catéchistes qui avaient, à leurs yeux, monté la tête aux femmes nouvellement chrétiennes, ainsi que les récalcitrantes. Il y a des saints, et surtout des saintes, qui sont morts martyrs pour cette théologie du corps qui nous a déjà valu trois questions et critiques acerbes.

Que l’intercession de ces glorieux martyrs nous encourage à annoncer la foi catholique en citant ces versets de St Paul: “Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu.” (1 Co 6, 19-20)

Peut-on tromper sa femme qui refuse des pratiques dégradantes?
2.3 (45.56%) 18 votes